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Une éthique des vertus pour les modernes
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soi, vivre, calomnier, reprise, digne, obligation, dissociée, christianisme, Job, clair, monde, refuse, mensonges, péché, aristotélicienne, stoïque, nôtre, revienne, entraîner, bonheur, accident, VIII, susciter, menacer, absurdité, Boleyn, repoussée, malheureux, pratique, foncière, obstacles, foi, harmonieux, moderne, vertus
l'éthique d'Aristote est une philosophie de l'antiquité grecque, une éthique concernant une vie qui est loin de la                       
est-ce que cela signifie que l'éthique des              qu'il avait formulée ne peut plus nous concerner?
qu'elle est une affaire d'historiens, et qu'il n'est plus question de la            au présent?
il est            que l'on ne peut plus vivre comme du temps d'Aristote
il y a une adaptation possible, dans les conditions de notre           , de l'éthique des vertus
les                   :
1. la notion d'                    , de devoir
à l'éthique chez les modernes, il y a en toile de fond la notion de devoir
le moraliste traite de la science du devoir
mais la vie morale est distinguée du               
au contraire, il peux arriver que l'attitude éthique, dans une situation donnée, nous contraigne à être                     
veut-on une preuve qu'il arrive qu'on ne puisse être heureux en étant moral
l'exemple typique de calomniateur d'Anne             
Kant l'avait pris comme exemple dans sa critique de la raison                 
Henri          voulait se débarrasser d'une de ses épouses, en l'occurrence Anne Boleyn, la deuxième, et il voulait trouver un moyen de la faire condamner à mort
il cherche à                  des calomniateurs
il propose à un artisan qui travaille pour la Cour de dire des                   
pour cela il voulait payer d'un très bon prix
l'artisan             
on approuvera cette attitude en disant que c'est un homme           , qui ne se laisse pas corrompre
mais maintenant voici une autre étape
on n'en est plus à lui offrir quelque chose
on en est à commencer à le               
à le menacer par exemple de cesser toute commande pour son commerce
l'homme reste                          et dit qu'il ne mentira pas pour cela
on commence à dire c'est un homme qui se conduit moralement même quand cela coûte
on dit maintenant que, on va le                   , salir sa réputation, et comme il résiste toujours le Pouvoir va encore plus loin, et dit que sa famille, qu'il aime, sa femme, ses enfants, pourraient avoir un                 
là on aura l'exemple d'une moralité tenue exemplairement, jusqu'au bout, une conduite éthique droite, et qui a pour conséquence d'être malheureux, ou d'être amené à être malheureux
conclusion de cet exemple, demeurer moral dans ce cas, c'est bien obéir à une exigence, à un devoir, mais qui fait votre malheur
la conduite morale peut donc être                                  du bonheur
l'obéissance à l'obligation ne fait pas nécessairement le malheur, mais elle peut l'                              
quelles sont les conséquences
la conséquence première c'est que, pour un               , qui adopte une morale de type déontologique, la moralité ne peut pas être articulée à la recherche du bonheur comme à une condition nécessaire, ou comme à un principe
dans l'éthique                                               
l'exercice des vertus conduit à accomplir les plus belles potentialités que comporte ma nature d'être humain et me rend heureux
être éthique, ce n'est pas obéir à une obligation, à une loi, c'est se réaliser       -même
il n'était pas évident de pouvoir réintroduire cette idée d'excellence des vertus chez les modernes
2. le deuxième obstacle: le                           
le christianisme a habitué nos esprits, depuis très longtemps, à considérer deux choses
1. la corruption de l'esprit humain par le                                       
la nature, en nous, a été rendue mauvaise du fait d'une mauvaise inclination de la volonté humaine, inclination mauvaise qui a tout corrompu
et seule la grâce de Dieu, qui dépend de la       , ou d'un don gratuit de Dieu, et non pas de la pratique morale, peut changer les choses
2. la perspective du bonheur doit être                                  au-delà de cette vie
en deçà de cette vie, elle dépend, cette perspective du bonheur, elle dépend de circonstances qui nous échappent tout à fait
au livre de l'Ancien Testament, qui s'intitule le livre de       
dans le livre de Job, Job qui est un homme juste, et sur lequel le malheur s'abat, et Job n'y comprend rien
il a fait tout ce qu'il fallait, il a été un homme bon, il a été un homme juste, et le malheur s'abat sur lui
il est impossible de comprendre, d'un point de vue humain, l'intention de Dieu dans tout cela
pour les Grecs
l'idée que la nature serait mauvaise, ou devenue mauvaise, et de même l'idée que le bonheur doive être, qu'on doive consentir à ce que le bonheur ne soit promis qu'au-delà de cette vie, pour les Grecs c'est une                                 
comme le rappelle Sénèque, en parlant des épicuriens, la nature est très aimante pour nous
les hommes peuvent commettre des erreurs ou des fautes, essentiellement par ignorance, ou par un désordre de leurs affections
ils peuvent dans certaines circonstances, de déséquilibres sociaux ou politiques, ils peuvent conduire la cité n'importe comment, mais cela ne remet pas en cause la bonté                                de la nature
les hommes s'en éloignent simplement, un moment, par passion, mais il suffirait de retrouver la nature pour que l'équilibre                 
les grands philosophes, Platon, Aristote, présentent des modèles de constitution de la cité qui sont conformes à la nature des êtres et des choses, et qui sont                     
Platon aussi bien qu'Aristote sont d'accord pour dire que le modèle est la nature, et que le bon gouvernement est inscrit dans la nature des choses
pour les modernes, il y a au moins deux obstacles considérables pour une                de l'éthique des vertus:
1. la notion de devoir, de loi impérative, d'obligation impérative
2. la notion de péché, et la notion de bonheur pour l'au-delà, portées par le christianisme

People:

Seneca the Younger (4-65 AD)
Roman Stoic philosopher, statesman, dramatist, and tutor and later advisor to emperor Nero
  • his elder brother was Lucius Junius Gallio Annaeanus, called Gallio in the Bible, who dismissed the charge brought by the Jews against the Apostle Paul
  • born in Cordoba, Spain, raised in Rome where he was trained in rhetoric and philosophy
  • from 54 to 62 AD, Seneca acted as Nero's advisor together with Burrus
  • over time, Seneca and Burrus lost their influence over the emperor
  • in 59 they had reluctantly agreed to Agrippina's murder
  • Seneca wrote a exculpation of Nero to the Senate
  • Following Burrus' death in 62, Seneca became the subject of criticism by what Tacitus describes as Nero's "more disreputable advisers
  • Seneca requested an audience with Nero in which he sought permission to retire from public duties, pleading age and infirmity
  • the two men parted on apparently warm terms
  • Seneca subsequently adopted a quiet lifestyle on his country estates, concentrating on his studies and seldom visiting Rome
  • in AD 65, Seneca was caught up in the aftermath of the Pisonian conspiracy, a plot to kill Nero
  • Nero ordered Seneca to kill himself, which he did by cutting his veins and bleeding to death in a bathtub
  • his wife Pompeia Paulina attempted to share his fate but was saved
  • the early Christian Church was very favorably disposed towards Seneca and his writings
  • believed Seneca had been converted to the Christian faith by Saint Paul
  • some regarded his fatal bath as a kind of disguised baptism
  • Dante placed Seneca in the First Circle of Hell, or Limbo
  • Seneca makes an appearance as a character in Monteverdi's opera L'incoronazione di Poppea
  • Seneca remains one of the few popular Roman philosophers from the period in which he lived
  • he appears in Chaucer and Petrarch
  • in the Renaissance, printed editions and translations of his works became common, including an edition by Erasmus and a commentary by John Calvin
  • The Death of Seneca is a 1773 painting by Jacques-Louis David, now in the Petit Palais in Paris
  • works we have from him are 12 philosophical essays, 124 letters dealing with moral issues, 9 tragedies, and a satire

Flashcards:

It's a matter of historians
Qu'elle est une affaire d'historiens
And we will see
Et nous verrons
However
Toutefois
the obstacles to such a revival
les obstacles opposés à une telle reprise
They are essentially two in number
Ils sont essentiellement au nombre de deux
of duty
de devoir
there is in the background the notion of duty
il y a en toile de fond la notion de devoir
who is more often distrusted
dont on se méfie le plus souvent
is one that deals with the science of duty
est celui qui traite de la science du devoir
such a development
une telle évolution
being ethical does not necessarily mean one is happy
être éthique n'implique pas nécessairement le bonheur
forces us to be unhappy
nous contraigne à être malheureux
the background
la toile de fond
modern recovery
reprise moderne
Is there any evidence that one
Veut-on une preuve qu'il arrive qu'on
detractors
calomniateurs
discard
se débarrasser
So he seeks to generate slanderers
Alors il cherche à susciter des calomniateurs
to tell lies
de dire des mensonges
it will be appreciated
on approuvera
this is a worthy man
c'est un homme digne
even if it costs him
même quand cela coûte
the slander
le calomnier
sully his reputation
salir sa réputation
refuses to be slanderous
refuse de se faire calomniateur
until the end
jusqu'au bout
remain moral in this case
demeurer moral dans ce cas
it is obeying a requirement
c'est bien obéir à une exigence
it can lead to it
elle peut l'entraîner
I spoke earlier about a second obstacle
Je parlais tout à l'heure d'un deuxième obstacle
a modern revival of virtue ethics
une reprise moderne de l'éthique des vertus
has accustomed our minds
a habitué nos esprits
by sin
par le péché
was made poor due to improper inclination of the human will
a été rendue mauvaise du fait d'une mauvaise inclination de la volonté humaine
or a gift of God
ou d'un don gratuit de Dieu
related to Christianity
lié au christianisme
should be extended beyond this life
doit être repoussée au-delà de cette vie
that escape us altogether
qui nous échappent tout à fait
One can think of
On peut songer
and on which misfortune falls
et sur lequel le malheur s'abat
he did all that was necessary
il a fait tout ce qu'il fallait
and misfortune befalls him
et le malheur s'abat sur lui
Adn indeed, it is necessary to know
Et de fait, on est amené à reconnaître
that we must consent to that which
qu'on doive consentir à ce que
for equilibrium to return
pour que l'équilibre revienne
in the community of friends
dans une communauté d'amis
live happy, live hidden
pour vivre heureux, vivons cachés
it is none the less
ça n'en est pas moins
happiness for the afterlife
bonheur pour l'au-delà

Ideas and Concepts:

Une raison j'aime les Grecs de l'Antiquité, via mon cours ce soir Introduction aux éthiques philosophiques: "Or, pour les Grecs, l'idée que la nature serait mauvaise, ou devenue mauvaise, et de même l'idée que le bonheur doive être, qu'on doive consentir à ce que le bonheur ne soit promis qu'au-delà de cette vie, pour les Grecs c'est une absurdité."

Enhanced Transcription:

Vous avez étudié, dans la première leçon, l'éthique d'Aristote, un philosophe de l'antiquité grecque, c'est-à-dire une éthique concernant une vie qui est loin de la nôtre.

Est-ce que cela signifie que l'éthique des vertus qu'il avait formulée ne peut plus nous concerner?

Qu'elle est une affaire d'historiens (It's a matter of historians), et qu'il n'est plus question de la vivre au présent?

La réponse n'est pas évidente.

Il est clair que l'on ne peut plus vivre comme du temps d'Aristote.

Mais en réalité, la question est plutôt, y a-t-il une adaptation possible, dans les conditions de notre monde, de l'éthique des vertus?

Et nous verrons (And we will see) dans le cours de cette semaine que la réponse sera positive.

Toutefois (However), il faut commencer par considérer les difficultés et les obstacles opposés à une telle reprise (the obstacles to such a revival).

Ils sont essentiellement au nombre de deux (They are essentially two in number).

Le premier obstacle, c'est la notion d'obligation, de devoir (of duty).

Quand on pense en effet à l'éthique chez les modernes, il y a en toile de fond la notion de devoir (there is in the background the notion of duty).

Et le moraliste, dont on se méfie le plus souvent (who is more often distrusted), est celui qui traite de la science du devoir (is one that deals with the science of duty).

Et dans l'histoire, une telle évolution (such a development) a eu une conséquence très importante, c'est que la vie morale peut être distinguée du bonheur.

Non pas que se conduire de manière éthique veuille dire nécessairement être malheureux (Not that behaving ethically means being happy), mais être éthique n'implique pas nécessairement le bonheur (being ethical does not necessarily mean one is happy).

Au contraire, il arrive que l'attitude éthique, dans une situation donnée, nous contraigne à être malheureux (forces us to be unhappy).

C'est une thématique que nous retrouverons dans la prochaine leçon avec l'éthique déontologique dont l'expression fondamentale a été donnée par le philosophe allemand Emmanuel Kant, au XVIIIe siècle.

Nous anticipons donc un peu ici pour comprendre ce qui fait la toile de fond (the background) et les difficultés d'une reprise moderne (modern recovery) de l'éthique des vertus.

Veut-on une preuve qu'il arrive qu'on (Is there any evidence that one) ne puisse être heureux en étant moral?

Eh bien pour cela il suffit de reprendre l'exemple typique des calomniateurs (detractors) d'Anne Boleyn Kant avait pris cet exemple dans sa critique de la raison pratique.

Henri VIII voulait se débarrasser (discard) d'une de ses épouses, en l'occurrence Anne Boleyn, la deuxième, et il voulait trouver un moyen de la faire condamner à mort.

Alors il cherche à susciter des calomniateurs (So he seeks to generate slanderers), et on propose à un artisan qui travaille pour la Cour de dire des mensonges (to tell lies).

Et pour cela d'ailleurs de le payer d'un très bon prix.

Il refuse. Jusque là, on approuvera (it will be appreciated), on approuvera cette attitude en disant que c'est un homme digne (this is a worthy man), qui ne se laisse pas corrompre.

Mais maintenant voici une autre étape, on dit, on n'en est plus à lui offrir quelque chose, on en est à commencer à le menacer, à le menacer par exemple de cesser toute commande pour son commerce.

L'homme reste stoïque et dit qu'il ne mentira pas pour cela.

On commence à dire c'est un homme qui se conduit moralement même quand cela coûte (even if it costs him).

Mais allons un peu plus loin.

On dit maintenant que, on va le calomnier (the slander), salir sa réputation (sully his reputation), et comme il résiste toujours le Pouvoir va encore plus loin, et dit que sa famille, qu'il aime, sa femme, ses enfants, pourraient avoir un accident.

Imaginons que cet homme, jusqu'au bout, refuse de se faire calomniateur (refuses to be slanderous) afin de conduire à la mort une personne innocente de ce dont on l'accuse.

Là on aura l'exemple d'une moralité tenue exemplairement, jusqu'au bout (until the end), une conduite éthique droite, et qui a pour conséquence d'être malheureux, ou d'être amené à être malheureux (or be brought to be unhappy).

Conclusion de cet exemple, demeurer moral dans ce cas (remain moral in this case), c'est bien obéir à une exigence (it is obeying a requirement), à un devoir, mais qui fait votre malheur.

La conduite morale peut donc être dissociée du bonheur.

Répétons-le, l'obéissance à l'obligation ne fait pas nécessairement le malheur, mais elle peut l'entraîner (it can lead to it).

Alors, quelles sont les conséquences?

La conséquence première c'est que, pour un moderne, qui adopte une morale de type déontologique, la moralité ne peut pas être articulée à la recherche du bonheur comme à une condition nécessaire, ou comme à un principe.

On voit tout de suite évidemment, vous l'avez compris, que l'on a changé d'univers par rapport à Aristote.

Dans l'éthique aristotélicienne, vous l'avez vu, la vertu, et l'exercice des vertus qui sont des médiétés, des justes milieux, ou si vous préférez, des excellences, eh bien l'exercice des vertus conduit à accomplir les plus belles potentialités que comporte ma nature d'être humain et, par là même, me rend heureux.

Être éthique, ce n'est pas obéir à une obligation, à une loi, c'est se réaliser soi-même.

Il n'était donc pas évident de pouvoir réintroduire cette idée d'excellence des vertus chez les modernes.

Je parlais tout à l'heure d'un deuxième obstacle (I spoke earlier about a second obstacle), et ce deuxième obstacle à une reprise moderne de l'éthique des vertus (a modern revival of virtue ethics), c'est tout simplement le christianisme.

Pourquoi? Parce que le christianisme a habitué nos esprits (has accustomed our minds), depuis très longtemps, à considérer deux choses.

Première chose, la corruption de l'esprit humain par le péché (by sin).

En effet, la nature, en nous, a été rendue mauvaise du fait d'une mauvaise inclination de la volonté humaine (was made poor due to improper inclination of the human will), inclination mauvaise qui a tout corrompu.

Et seule la grâce de Dieu, qui dépend de la foi, ou d'un don gratuit de Dieu (or a gift of God), et non pas de la pratique morale, peut changer les choses.

Seule une grâce peut changer les choses.

Le péché, cette mauvaise inclination, a corrompu notre volonté.

Et puis, deuxième chose, deuxième point important, lié au christianisme (related to Christianity), c'est l'idée que la perspective du bonheur doit être repoussée au-delà de cette vie (should be extended beyond this life).

En deçà de cette vie (below this life), elle dépend, cette perspective du bonheur, elle dépend de circonstances qui nous échappent tout à fait (that escape us altogether).

On peut songer (One can think of) par exemple, pour illustrer cela, au livre de l'Ancien Testament, qui s'intitule le livre de Job.

Dans le livre de Job, Job qui est un homme juste, et sur lequel le malheur s'abat (and on which misfortune falls), et Job n'y comprend rien; il a fait tout ce qu'il fallait (he did all that was necessary), il a été un homme bon, il a été un homme juste, et le malheur s'abat sur lui (and misfortune befalls him).

Eh bien, il est impossible de comprendre, d'un point de vue humain, l'intention de Dieu dans tout cela.

Et de fait, on est amené à reconnaître (Adn indeed, it is necessary to know), à constater (note), que Dieu fait luire son soleil (that God makes the sun to shine), ou fait pleuvoir, sur les justes comme sur les injustes, indifféremment.

Or, pour les Grecs, l'idée que la nature serait mauvaise, ou devenue mauvaise, et de même l'idée que le bonheur doive être, qu'on doive consentir à ce que (that we must consent to that which) le bonheur ne soit promis qu'au-delà de cette vie, pour les Grecs c'est une absurdité.

Comme le rappelle Sénèque, en parlant des épicuriens, la nature est très aimante (loving) pour nous.

Les hommes peuvent commettre, et commettent en effet, des erreurs ou des fautes, essentiellement par ignorance, ou par un désordre de leurs affections.

Ils peuvent dans certaines circonstances, de déséquilibres sociaux ou politiques, ils peuvent conduire la cité n'importe comment, mais cela ne remet pas en cause la bonté foncière de la nature (but this does not affect the nature of the fundamental goodness).

Les hommes s'en éloignent simplement, un moment, par passion, mais il suffirait de retrouver la nature pour que l'équilibre revienne (for equilibrium to return).

Les grands philosophes, Platon, Aristote, présentent des modèles de constitution de la cité qui sont conformes à la nature des êtres et des choses, et qui sont harmonieux.

Bref, Platon aussi bien qu'Aristote sont d'accord pour dire que le modèle est la nature, et que le bon gouvernement est inscrit dans la nature des choses.

Et les épicuriens, d'ailleurs, vont compléter le tableau en disant que, si à un moment donné, rien ne va plus dans la cité, eh bien il ne faut pas hésiter à se mettre en marge, pour pouvoir vivre, quant à soi, dans une communauté d'amis (in the community of friends), le jardin d'Épicure est célèbre à ce sujet.

Et on vit alors, entre amis, le bonheur d'être heureux en respectant la nature.

Vous vous rappelez l'adage de Florian, pour vivre heureux, vivons cachés (live happy, live hidden).

Eh bien, si Florian est un homme du XVIIIe siècle, ça n'en est pas moins (it is none the less), véritablement, un adage épicurien.

Nous constatons donc que, pour les modernes, il y a au moins deux obstacles considérables pour une reprise de l'éthique des vertus, c'est la notion de devoir, de loi impérative, d'obligation impérative, et le deuxième c'est la notion de péché, et la notion de bonheur pour l'au-delà (happiness for the afterlife), portées par le christianisme.

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