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Notes on video lecture:
L'éthique de la responsabilité de Hans Jonas
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l'éthique du discours était                                                de Kant
Kant a essayé de passer de la conscience de        à une validité intersubjective
ces penseurs qui étendent la philosophie de Kant veulent l'étendre de manière                        parmi tous les concernés le fondement de l'éthique plutôt que de la trouver dans le secret de la conscience d'un individu
ça ne correspond pas à intragénérationnelle mais à intergénérationnelle
ce sera l'éthique de                                           
la science et la technique ont un caractère                            aujourd'hui
Prométhée a                        le feu aux Dieux, mais ce Prométhée est désormais déchaîné
pendant longtemps, on a pu penser que ce que nous faisions était seul susceptible d'une évaluation éthique
or nous nous rendons compte aujourd'hui par l'évolution de la technique, par l'évolution de la science, que notre                sur le monde dépasse largement ce que nous avons voulu
par exemple l'écologie
personne parmi tous les gens qui conduisent des voitures ne souhaite en réalité détruire la              d'ozone par sa pollution
des effets qui individuellement n'ont pas d'importance et ne sont pas voulus, cumulés à l'infini peuvent avoir des effets                          sur notre environnement
longtemps nous avons pensé que la nature avait une possibilité de                                    de notre action
il comptait seulement ce que nous faisions et si nous nous                    tant pis
mais ce n'est pas grave si no, car la nature allait reprendre ses droits, ou Dieu allait compenser notre action
aujourd'hui nous savons que le monde est               
si nous n'agissons pas, personne d'autre n'           à notre place
les effets de notre action, volontaires ou involontaires, peuvent être destructeurs
il s'agit alors de                  notre devoir
on doit repenser dans des catégories de Kant avec cette                  de trouver un fondement universel et contraignant
mais en même temps, on doit trouver un déplacement par rapport à Kant
Kant avait voulu                              définitivement la métaphysique du fondement de la             
Hans Jonas (1903-1993)
on ne peut pas faire totalement                sur la métaphysique
du moins on doit pouvoir prendre en compte un principe de métaphysique minimal: la vie veut           
le vivant qui est entre nos mains est un vivant fragile, et il demande que nous le                                    dans sa volonté de vivre
"Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une vie authentiquement humaine sur la Terre. Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie de l'                               sur Terre. Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une telle vie."
on doit pouvoir repenser le devoir moral
un devoir qui ne porte pas simplement sur la volonté intentionnelle de la conscience, mais sur la nécessité d'ouvrir les yeux sur cette réalité fragile et vulnérable, qui s'impose à nous et qui                à être protégée
la responsabilité devient alors la responsabilité confiée de préserver précisément ce qui est fragile et vulnérable
notre responsabilités par rapport aux générations               
les déchets radioactifs que nous avons produits seront                    pour 100 000 ans
nous devons prenons en compte notre obligation vis-à-vis de toutes ces générations futures
chez Kant, celui qui se soumet à l'impératif catégorique prend cet impératif pour règle de sa vie, il peut penser que les autres prendront également ce principe pour                    sa propre vie
avec l'idée d'une responsabilité confiée vis-à-vis des générations futures, il y a quelque chose d'inédit, c'est que nous sommes obligés vis-à-vis d'eux sans qu'eux soient obligés vis-à-vis de nous
quelque chose qui vont              en cause l'anthropocentrisme
il ne s'agit pas simplement de penser la nature comme environnement humain
c'est quelque chose auquel Kant certainement n'aurait pas souscrit, mais c'est quelque chose qui va se développer dans bien des éthiques aujourd'hui
Jonas,            à la fin de sa vie, que les démocraties libérales ne lui paraissent pas le bon outil pour pouvoir défendre ce principe de responsabilité nouvelle
par exemple, à propos du changement                     , nos démocraties paraissent bien prudentes, bien frileuses, pour prendre des mesures qui s'imposent
le projet des Lumières, de penser une régulation du peuple par la volonté du peuple, sous l'égide des lois de la liberté, c'est-à-dire en respectant les droits humains et le droit des gens, ne              plus
il ne suffit plus simplement de respecter les droits humains
il s'agit de respecter la vie, et pour respecter la vie, peut-être que les démocraties libérales ne sont pas le meilleur           

Flashcards:

in his attempt
dans son essai
to extend universally
d'étendre de manière universelle
his unbridled impulse
son impulsion effrénée
by freely given restrictions
par des entraves librement consenties
rpevents the power of man from becoming a curse for him
empêche le pouvoir de l'homme de devenir une malédiction pour lui
The introductory thesis of this book
La thèse liminaire de ce livre
an unprecedented character
un caractère inédit
is now unleashed
est désormais déchaîné
Now we realized
Or nous nous rendons compte
far exceeds what we wanted
dépasse largement ce que nous avons voulu
the ozone layer
la couche d'ozone
in many areas
dans bien des domaines
And that suddenly
Et que du coup
and if we were too far mistaken
si nous nous trompions tant pis
It's a matter of rethinking our duty
Il s'agit alors de repenser notre devoir
a universal and binding foundation
un fondement universel et contraignant
a shift from Kanta
un déplacement par rapport à Kant
which may seem trivial
qui pourra paraître anodin
Kant had wanted to spread
Kant avait voulu écarter
we cannot totally ignore the metaphysics
on ne peut pas faire totalement impasse sur la métaphysique
Act so that the effects of your action
Agis de façon que les effets de ton action
for the indefinite survival
pour la survie indéfinie
Act so that the effects
Agis de façon que les effets
we must be able to rethink the moral duty
on doit pouvoir repenser le devoir moral
which asks to be protected
qui demande à être protégée
compared to Kant
par rapport à Kant
radioactive waste
les déchets radioactifs
with the liabilities that we leave them
avec le passif que nous leur laissons
whoever submits to the categorical imperative
celui qui se soumet à l'impératif catégorique
that others will take
que les autres prendront
something new
quelque chose d'inédit
which will jeopardize
qui vont mettre en cause
Or to think of it as a condition
Ou de la penser comme condition
It's something to which Kant, certainly, would not have subscribed
C'est quelque chose auquel Kant, certainement, n'aurait pas souscrit
very conservative, very cautious
bien prudentes, bien frileuses
necessary measures
des mesures qui s'imposent
under the aegis of the laws
sous l'égide des lois

Ideas and Concepts:

Notre responsabilité dans un monde naturel sans Dieu, via le cours de cette soirée Introduction aux éthiques philosophiques:

"Longtemps nous avons pensé que la nature avait une possibilité de résorption de notre action. Et que du coup, seul comptait ce que nous faisions et si nous nous trompions tant pis, ce n'est pas grave, Dieu allait compenser notre action.

Aujourd'hui nous savons que le monde est fragile. Que si nous n'agissons pas, personne d'autre n'agira à notre place. Et que les effets de notre action, volontaires ou involontaires, peuvent être destructeurs.

Dans un monde naturel sans Dieu qui agit, il s'agit alors de repenser notre devoir."

Enhanced Transcription:

Nous avons vu comment l'éthique du discours était héritière de Kant dans son essai (in his attempt) de passer de la conscience de soi à une validité intersubjective.

Leur project est donc d'étendre de manière universelle (to extend universally) parmi tous les concernés le fondement de l'éthique plutôt que de la trouver dans le secret de la conscience d'un individu.

À cette extension intragénérationnelle de l'éthique va correspondre un autre défi et une autre réponse qui elle, ne se pense pas comme intragénérationnelle mais comme intergénérationnelle.

Ce sera l'éthique de responsabilité.

Écoutons quelques lignes du début du livre de Jonas qui porte précisément le nom du Principe responsabilité.

Le Prométhée définitivement déchaîné auquel (to which) la science confère des forces jamais encore connues et l'économie son impulsion effrénée (his unbridled impulse), réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties (by freely given restrictions), empêche le pouvoir de l'homme de devenir une malédiction pour lui (rpevents the power of man from becoming a curse for him).

La thèse liminaire de ce livre (The introductory thesis of this book) est que la promesse de la technique moderne s'est inversée en menace ou bien que celle-ci s'est indissolublement associée à celle-là.

Comme on l'entend dans cette thèse liminaire du livre de Jonas, la science et la technique ont un caractère inédit (an unprecedented character) aujourd'hui.

Prométhée a volé le feu aux Dieux, mais ce Prométhée est désormais déchaîné (is now unleashed).

Pendant longtemps, on a pu penser que ce que nous faisions était seul susceptible d'une évaluation éthique.

Or nous nous rendons compte (Now we realized) aujourd'hui par l'évolution de la technique, par l'évolution de la science, que notre emprise sur le monde dépasse largement ce que nous avons voulu (far exceeds what we wanted).

Pensons simplement à l'écologie.

Personne parmi tous les gens qui circulent en voiture derrière nous ne souhaite en réalité détruire la couche d'ozone (the ozone layer) par sa pollution.

Des effets qui individuellement n'ont pas d'importance et ne sont pas voulus, cumulés à l'infini peuvent avoir des effets destructeurs sur notre environnement.

Et la même chose joue dans bien des domaines (in many areas).

Longtemps nous avons pensé que la nature avait une possibilité de résorption de notre action.

Et que du coup (And that suddenly), seul comptait ce que nous faisions (it only counted what we were doing) et si nous nous trompions tant pis (and if we were too far mistaken), ce n'est pas grave, la nature allait reprendre ses droits.

Ou Dieu allait compenser notre action.

Aujourd'hui nous savons que le monde est fragile.

Que si nous n'agissons pas, personne d'autre n'agira à notre place.

Et que les effets de notre action, volontaires ou involontaires, peuvent être destructeurs.

Il s'agit alors de repenser notre devoir (It's a matter of rethinking our duty).

De le repenser dans des catégories qui sont bien les catégories de Kant, avec cette exigence de trouver un fondement universel et contraignant (a universal and binding foundation), à la morale.

Et en même temps, un déplacement par rapport à Kant (a shift from Kanta).

Un déplacement sur un point qui pourra paraître anodin (which may seem trivial) mais qui est essentiel.

Kant avait voulu écarter (Kant had wanted to spread) définitivement la métaphysique du fondement de la morale.

Or, dit Jonas, on ne peut pas faire totalement impasse sur la métaphysique (we cannot totally ignore the metaphysics), ou du moins on doit pouvoir prendre en compte un principe de métaphysique minimal, c'est tout simplement que la vie veut vivre (life wants to live?).

La vie veut vivre signifie que le vivant qui est entre nos mains, un vivant fragile, demande que nous le protégions dans sa volonté de vivre.

Ce principe de métaphysique minimal va donc profondément influencer la manière dont Jonas va repenser son impératif catégorique.

Écoutons comment il le formule : >> Agis de façon que les effets de ton action (Act so that the effects of your action) ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une vie authentiquement humaine sur la Terre.

Ne compromets pas les conditions pour la survie indéfinie (for the indefinite survival) de l'humanité sur Terre.

Agis de façon que les effets (Act so that the effects) de ton action soient compatibles avec la permanence d'une telle vie.

Cela signifie que pour Jonas, on doit pouvoir repenser le devoir moral (we must be able to rethink the moral duty), un devoir qui ne porte pas simplement sur la volonté intentionnelle de la conscience, mais sur la nécessité d'ouvrir les yeux sur cette réalité fragile et vulnérable, qui s'impose à nous et qui demande à être protégée (which asks to be protected).

La responsabilité devient alors la responsabilité confiée de préserver précisément ce qui est fragile et vulnérable.

Il y a d'autres points de déplacement par rapport à Kant (compared to Kant).

Si nous pensons notre responsabilités par rapport aux générations futures, nous savons par exemple, pour ne donner encore une fois qu'un exemple, que les déchets radioactifs (radioactive waste) que nous avons produits, qu'une génération a produit avec le nucléaire, seront dangereux pour 100 000 ans.

Si nous prenons en compte notre obligation vis-à-vis de toutes ces générations futures, avec le passif que nous leur laissons (with the liabilities that we leave them), eh bien cela veut dire que nous nous créons des obligations sans réciprocité.

Lorsque, chez Kant, celui qui se soumet à l'impératif catégorique (whoever submits to the categorical imperative) prend cet impératif pour règle de sa vie, il peut penser que les autres prendront (that others will take) également ce principe pour respecter sa propre vie.

Avec l'idée d'une responsabilité confiée vis-à-vis des générations futures, il y a quelque chose d'inédit (something new), c'est que nous sommes obligés vis-à-vis d'eux sans qu'eux soient obligés vis-à-vis de nous.

Il y a même encore un autre déplacement qui nous ouvrirait sur toute une famille d'éthiques aujourd'hui, qui vont mettre en cause (which will jeopardize) l'anthropocentrisme.

Toutes les éthiques traditionnelles, jusqu'au XXe siècle, vont penser que l'éthique concerne d'abord les devoirs de l'humain vis-à-vis de l'humain.

Mais si notre obligation porte sur la vie qui veut vivre, alors il ne s'agit pas simplement de penser la nature comme environnement humain.

Ou de la penser comme condition (Or to think of it as a condition) comme possibilité d'une vie authentiquement humaine, pour reprendre les mots de Jonas, mais cela veut dire que nous avons aussi des obligations vis-à-vis du vivant, comme vivant.

C'est quelque chose auquel Kant, certainement, n'aurait pas souscrit (It's something to which Kant, certainly, would not have subscribed), mais c'est quelque chose qui va se développer dans bien des éthiques aujourd'hui.

Et puis un dernier trait distingue profondément Jonas de Kant.

C'est que pour Jonas, et il l'avoue à la fin de sa vie, eh bien les démocraties libérales ne lui paraissent pas le bon outil pour pouvoir défendre ce principe de responsabilité nouvelle.

Nous le voyons, à propos du changement climatique, s'il y a une évidence qu'il faut faire quelque chose, nos démocraties paraissent bien prudentes, bien frileuses (very conservative, very cautious), à vrai dire, pour prendre des mesures qui s'imposent (necessary measures).

Pour Jonas, cela veut dire que peut-être que le projet des Lumières, de penser une régulation du peuple par la volonté du peuple, sous l'égide des lois (under the aegis of the laws) de la liberté, comme je le disais dans un autre cours, c'est-à-dire en respectant les droits humains et le droit des gens, ne suffit plus.

Il ne suffit plus simplement de respecter les droits humains et le droit des gens, il s'agit de respecter la vie, et pour respecter la vie, peut-être que les démocraties libérales ne sont pas le meilleur moyen.

Cela nous ouvre à une interrogation nouvelle, une interrogation sur le sens même du politique.

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