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Le souci de soi
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fais, même, Keenan, quotidiennes, oubli, réelles, loin, pratique, ordinaire, tort, expression, force, lire, parlons, anodine, perdre, éveiller, consolidée, constance, souci, sport, caractère, exceptionnelles, vivre, soi, tout, régression, passons, idiosyncrasie, moderne, île, couch, réseaux, indiquer, contraindre, Ruwen, accoutumance, humanité, toutes, travail, canapé, trois, autrui, nuisance, déterminé, conséquences, juridique, nomme, indirectement, donnée, gavant, formons, tissons, souci, entendrait, étend, libérale, relation, immoral, élevé, commun, Ogien
le            de soi est au coeur de l'éthique des vertus
l'importance du souci de soi tient au fait que mon                               
il n'est pas donnée et figée une fois pour             
un caractère
techniquement un                           
une réalité héritée à la fois
de l'hérédité
de mes premières années d'existence dans le milieu où j'ai été                                       
mais le caractère est sans doute relativement fixe,                                               
mais il est absurde de confondre mon humanité et mon                                 
mon humanité, vue dans la perspective de l'éthique, ce n'est pas l'                     de mon caractère
c'est plutôt ce que je         
c'est ce que l'on            mon caractère
jusqu'où s'                         le souci de soi et l'éthique des vertus
c'est sur toute la vie
jusque dans ses dimensions les plus                         
James             
la vie éthique concerne la vie                   
l'éthique ne peut pas être réservée à quelques actions                               
         acte humain concerne l'éthique
la façon dont nous               
le temps que nous               
les projets que nous               
les relations que nous               
la réflexion éthique cherche à étudier toute la vie
Ruwen           
le maximaliste
une personne qui étend aussi          que possible la sphère de l'éthique
le minimaliste
limite le plus possible le champ d'exercice de l'éthique
les appréciations éthiques ne devraient concerner que les actes qui pourraient nuire à              sans son consentement
livre: "L'éthique aujourd'hui: maximalistes et minimalistes" (2007)
propose un exemple pour                  les limites des jugements éthiques
le cas du            potato
un adolescent qui regarde la télévision ou surfe sur internet en étant vautré sur un                            et en mangeant des chips ou en buvant du soda
son père ou sa mère lui disent de         
ou faire un peu de           
au lieu de rester toute la journée vautré sur le canapé à regarder la télévision en te              de biscuits au chocolat
les parents lui ne te            pas
ne lui te menace pas
seulement dire que c'est               
on ne voit pas où est l'immoralité de passer son temps sans impliquer ou                        personne d'autre, à ne rien faire et à bouffer
on sous-                     ceci, au fond si tu n'as pas souci de ce que tu fais, tu pourrais être amené à nuire à autrui par paresse
l'être humain est un être temporel, profondément sensible aux phénomènes d'habitude, d'                        , de répétition
on devient progressivement ce qu'on prend l'habitude de faire
la force de l'éthique des vertus est de savoir qu'une attitude qui, au départ, est               
mais il peut finir par avoir de                              implications éthiques
mon rapport à moi-                     a une dimension éthique
parce que je suis un être de                 
les habitudes que je prends pour moi-même auront des                                        sur les relations que je devrais, inéluctablement, avoir avec autrui
l'éthique doit s'étendre au            de soi
et exige d'être conscient du fait que ma vie ne repose pas seulement sur moi-même
mais est toujours en relation avec les autres directement ou                           
je ne suis pas une                    au milieu du monde
mais je suis un être toujours pris dans des                             
qui dépend des autres
dont les autres dépendent pour           
           Ogien
l'éthique ne concerne absolument pas le rapport à       
mais seulement le rapport direct à autrui
les            principes fondamentaux de l'éthique
1. l'indifférence morale du rapport à soi-même
2. la non-                 à autrui
3. la considération égale de chacun
il réduit finalement l'éthique à un recouvrement du                   
l'éthique ne va pas plus loin que ce qui est juridiquement codifiable dans une société                               
l'éthique pose la question, ai-je ou non causé du          à autrui sans qu'il soit consentant
l'indifférence morale du rapport à soi-même repose sur un            fondamental
l'oubli de ce que l'humanité est une conquête et non pas une                            naturelle
nous avons en nous les potentialités d'un devenir humain
mais nous avons aussi la possibilité d'une                                    toujours possible
la barbarie peut toujours s'                               en chacun de nous, si l'on n'y prend garde
une éthique des vertus               
toute éthique des vertus considèrera au centre de sa méthodologie la vertu de                   
l'éthique des vertus implique en effet un                sur soi qui ne cesse pas
toute vertu est                                    par l'habitude
mais l'habitude peut aussi se             
l'éthique des vertus est une sorte d'attention à toutes les dimensions de la vie
accompagnée du sentiment que la qualité de la vie en              dépend pour une large part de l'attention que nous prêtons à nous-mêmes
la vertu, c'est d'abord la vie, la                  de la vie, et un exercice d'attention à soi

Flashcards:

pr. en fait
[fett]
led us to the affirmation
nous avait conduits à l'affirmation
care of the self
du souci de soi
reflects the fact that
tient au fait que
given and fixed once and for all
donnée et figée une fois pour toutes
what is technically called
ce que l'on nomme techniquement
which is called
que l'on nomme
how far does this care extend
jusqu'où s'étend le souci
even in its most everyday dimensions
jusque dans ses dimensions les plus quotidiennes
the relationships we weave
les relations que nous tissons
This disturbs some people
Cela dérange certains
whose initiator
dont l'initiateur
while
tandis que
should only concern
ne devraient concerner que
that could harm others without consent
qui pourraient nuire à autrui sans son consentement
being sprawled on a sofa
en étant vautré sur un canapé
while gorging
en te gavant
without involving or coercing another person
sans impliquer ou contraindre personne d'autre
to eat
à bouffer
everything else
tout autrement
be brought to harm others by laziness
être amené à nuire à autrui par paresse
addiction
d'accoutumance
harmless
anodine
inevitably
inéluctablement
we must all refrain
il faut tout s'interdire
requires to be aware
exige d'être conscient
laziness or inertia
de paresse ou d'inertie
rejects this argument
récuse cet argument
non-nuisance to others
la non-nuisance à autrui
equal consideration to everyone
la considération égale de chacun
harm to others
du tort à autrui
he is willing
il soit consentant
everyone does as he pleases
chacun fait ce qui lui plaît
on the airwaves
sur les ondes des radios
was an advocate
s'était fait l'avocat
he had not done harm to others without consent
il n'avait pas fait tort à autrui sans son consentement
based on a fundamental oblivion
repose sur un oubli fondamental
it is well to say
il faut bien se le dire
to awaken
s'éveiller
the virtue of constancy
la vertu de constance
can disintegrate
peut se déliter
lack of exercise
faute d'exercice
disintegrates
se désagrège

Enhanced Transcription:

La séquence précédente nous avait conduits à l'affirmation (led us to the affirmation) du souci de soi (care of the self) au coeur de l'éthique des vertus.

L'importance du souci de soi tient au fait que (reflects the fact that) mon humanité n'est pas donnée et figée une fois pour toutes (given and fixed once and for all).

Peut-être que mon caractère, ce que l'on nomme techniquement (what is technically called) mon idiosyncrasie, peut-être que mon caractère est une réalité héritée à la fois de l'hérédité et de mes premières années d'existence dans le milieu où j'ai été élevé, et ce caractère est sans doute relativement fixe, déterminé.

Mais il est absurde de confondre mon humanité et mon caractère.

Mon humanité, vue dans la perspective de l'éthique, ce n'est pas l'expression de mon caractère.

C'est plutôt ce que je fais de cette réalité, que l'on nomme (which is called) mon caractère.

Mais, jusqu'où s'étend le souci (how far does this care extend) de soi et l'éthique des vertus?

Il faut bien reconnaître que c'est sur toute la vie, jusque dans ses dimensions les plus quotidiennes (even in its most everyday dimensions), comme si rien n'était insignifiant.

Un éthicien américain, James Keenan, l'affirmait : Comme la vie éthique concerne la vie ordinaire, l'éthique ne peut pas être réservée à quelques actions exceptionnelles.

Tout acte humain concerne l'éthique, la façon dont nous parlons, le temps que nous passons, les projets que nous formons, les relations que nous tissons (the relationships we weave), tout cela constitue la vie éthique.

La réflexion éthique ne porte pas d'abord sur des cas graves, mais elle cherche à étudier toute la vie.

Et il est aussi compliqué de faire son métier d'homme (his man's job?) ou de femme que de trouver le bon moment pour arrêter de fumer.

Bref, on le voit, pour l'éthique des vertus, rien n'est insignifiant.

Cela dérange certains (This disturbs some people).

En particulier les tenants de ce que l'on nomme l'éthique minimale, dont l'initiateur (whose initiator), et le représentant en tous cas le plus connu en France, se nomme Ruwen Ogien.

Ogien oppose les maximalistes aux minimalistes en éthique.

Pour lui, le maximaliste est une personne qui étend (who extends) aussi loin que possible la sphère de l'éthique, tandis que (while) le minimaliste limite le plus possible le champ d'exercice (the scope of practice) de l'éthique.

À ses yeux, les appréciations éthiques ne devraient concerner que (should only concern) les actes qui pourraient nuire à autrui sans son consentement (that could harm others without consent).

Précisons un peu la doctrine de Ruwen Ogien pour mieux comprendre a contrario ce dont il s'agit en éthique des vertus.

Au début de son livre de vulgarisation, paru en 2007, intitulé, L'éthique aujourd'hui.

Maximalistes et Minimalistes, Ogien propose un exemple pour indiquer les limites des jugements éthiques.

C'est le cas du couch potato, c'est-à-dire, par cette expression on veut dire l'adolescent qui regarde la télévision ou surfe sur internet en étant vautré sur un canapé (being sprawled on a sofa) et en mangeant des chips ou en buvant du soda.

Il donne cet exemple d'un jugement éthique qu'un proche, le plus probablement son père ou sa mère, porterait sur lui, en disant tu devrais lire, ou faire un peu de sport, au lieu de rester toute la journée vautré sur le canapé à regarder la télévision en te gavant (while gorging) de biscuits au chocolat.

Je ne te force pas, je ne te menace pas, je te dis seulement que c'est immoral.

Ogien estime qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ce jugement.

Et il a raison.

Car on ne voit pas où est l'immoralité de passer son temps sans impliquer ou contraindre personne d'autre (without involving or coercing another person), à ne rien faire et à bouffer (to eat).

Mais si l'on terminait le jugement qu'il énonçait tout à l'heure, en disant, non pas je te dis que c'est immoral, mais plutôt en disant à force d'agir ainsi (telling strength to do so?), en prenant l'habitude d'agir ainsi (by becoming accustomed to doing so), cela pourrait finir par avoir des conséquences immorales.

Alors là si on disait cela, il en irait à vrai dire tout autrement (everything else).

Pourquoi? Parce qu'on sous-entendrait ceci (this would imply), au fond si tu n'as pas souci de ce que tu fais, souci de toi, tu pourrais être amené à nuire à autrui par paresse (be brought to harm others by laziness), par l'incapacité à l'effort, par l'absence totale d'attention à ce qui se passe autour de toi et par le souci exclusif du type de confort auquel tu t'es habitué, par le sentiment aussi que la société te doit le droit de te laisser aller etc.

Il y a donc, à la vérité, une dimension éthique essentielle dans cet exemple du couch potato.

Et la situation évoquée n'est pas indifférente ou si anodine qu'il y paraît (or insignificant, it seems/).

Pourquoi? Parce que l'être humain est un être temporel, profondément sensible aux phénomènes d'habitude, d'accoutumance (addiction), de répétition.

Au fond, je deviens progressivement ce que je prends l'habitude de faire.

La force de l'éthique des vertus est de savoir qu'une attitude qui, au départ, est anodine (harmless), ou, par elle-même, sans implications éthiques directes, peut finir par avoir de réelles implications éthiques.

Mon rapport à moi-même, a une dimension éthique parce que je suis un être de relation et que les habitudes que je prends pour moi-même auront des conséquences sur les relations que je devrais, inéluctablement (inevitably), avoir avec autrui.

Cela ne veut pas dire, certainement cela ne veut pas dire qu'il faut tout s'interdire (we must all refrain), non.

Cela veut simplement dire que l'éthique doit s'étendre au souci de soi et exige d'être conscient (requires to be aware) du fait que ma vie ne repose pas seulement sur moi-même, mais est toujours en relation avec les autres directement ou indirectement.

L'exemple du couch potato parle de paresse ou d'inertie (laziness or inertia).

Je dois prendre éthiquement cette question au sérieux, car je ne suis pas une île au milieu du monde, mais je suis un être toujours pris dans des réseaux, qui dépend des autres, et dont les autres dépendent pour vivre, tout simplement.

Si Ruwen Ogien récuse cet argument (rejects this argument) éthique, et toute l'éthique des vertus, c'est parce que, pour lui, l'éthique ne concerne absolument pas le rapport à soi, mais seulement le rapport direct à autrui.

Pour lui, les trois principes fondamentaux de l'éthique sont les suivants, et je vais les énoncer.

L'indifférence morale du rapport à soi-même, deuxièmement, la non-nuisance à autrui (non-nuisance to others), troisièmement, la considération égale de chacun (equal consideration to everyone).

Il réduit finalement l'éthique, en fait, à un recouvrement du juridique.

L'éthique ne va pas plus loin que ce qui est juridiquement codifiable dans une société libérale.

En d'autres termes, elle pose la question, ai-je ou non causé du tort à autrui (harm to others) sans qu'il soit consentant (he is willing)?

Si oui, il doit y avoir intervention et sanction, et cela est donc plus juridique que moral.

Si non, chacun fait ce qui lui plaît (everyone does as he pleases).

Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que, sur les ondes des radios (on the airwaves) françaises, Ogien s'était fait l'avocat (was an advocate) de Marlin Maevest, dont nous avons parlé à la séquence précédente, et il disait qu'il n'y avait pas à le condamner dans la mesure où il n'avait pas fait tort à autrui sans son consentement (he had not done harm to others without consent).

Ce que je veux dire au fond ici, c'est que l'indifférence morale du rapport à soi-même repose sur un oubli fondamental (based on a fundamental oblivion), l'oubli de ce que l'humanité est une conquête et non pas une donnée naturelle (a conquest, not a natural given).

Nous avons en nous les potentialités d'un devenir humain, mais aussi la possibilité d'une régression toujours possible, en deçà de l'humain (below the human), dans l'inhumanité.

La barbarie, il faut bien se le dire (it is well to say), ça n'est pas que pour les autres, elle peut toujours aussi s'éveiller (to awaken) en chacun de nous, si l'on n'y prend garde.

Une éthique des vertus moderne est une éthique qui prend pour centre cette réalité mille fois constatée dans l'histoire et dans les faits.

C'est pourquoi toute éthique des vertus considèrera au centre de sa méthodologie la vertu de constance (the virtue of constancy).

L'éthique des vertus implique en effet un travail sur soi qui ne cesse pas, car toute vertu est consolidée par l'habitude, mais l'habitude peut aussi se perdre, se défaire.

Même une vertu bien ancrée en nous, peut se déliter (can disintegrate) progressivement faute d'exercice (lack of exercise).

Tout comme la faculté de la mémoire se désagrège (disintegrates) peu à peu sans qu'on soit atteint par Alzheimer, si l'on ne conserve pas l'habitude de l'entraîner régulièrement.

Ainsi, l'éthique des vertus est une sorte d'attention à toutes les dimensions de la vie, accompagnée du sentiment que la qualité de la vie en commun dépend pour une large part de l'attention que nous prêtons à nous-mêmes.

La vertu, c'est d'abord la vie, la pratique de la vie, et un exercice d'attention à soi.

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