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Le mal radical et la voie étroite de l'éthique
Choose from these words to fill the blanks below:
rigorisme, social, subordonner, autre, chaînes, juridique, immaîtrisable, seule, satisfaire, universalisée, favorables, volonté, bénéficier, inverser, médailles, exige, second, Guillaume, nuise, humanité, hasard, agit, conformément, 1706, propension
pourquoi il y a une                      chez les êtres humains à mal agir
il y a du mal parmi les êtres humains
partout ils sont dans les                           
nous mentons aux autres
nous nous mentons volontiers à nous-mêmes
on pense qu'on a été contraint de le commettre sans pouvoir rien faire d'          
d'où vient le mal
de notre finitude
de la puissance                                        des forces extérieures
des passions en nous
nous pourrions toujours dire que nous n'avons pas voulu le mal même si parfois il survient
comme                    II, à la fin de l'été 1918, avait fait écrire sur l'un des murs du château du Haut-Koenigsburg : Je n'ai pas voulu cela
Kant pense que le problème est beaucoup plus profond
mal radical
Kant pense qu'il y a un mal radical dans la nature humaine
la décision de nous préférer nous, plutôt que l'exigence de la loi morale
de faire passer l'amour de soi-même avant le respect de la loi morale
avant l'exigence d'agir en s'assurant toujours que la maxime de notre action peut être                                         
je veux bien être moral, à condition que cela ne            pas à mon bonheur
je serai donc moral, sous conditions
mais grâce à la loi morale nous demande de                        notre désir de bonheur à l'accomplissement d'actions morales
Kant n'a jamais été contre le bonheur
mais le devoir éthique            que mon bonheur ne se fasse pas au prix de l'immoralité
le mal radical est une perversion du coeur humain qui consiste à                  l'ordre des maximes
je serai moral mais sous conditions que la moralité n'implique pas pour moi des choses désagréables, négatives, incompatibles avec mon bonheur et mes désirs
le mal radical n'est pas le mal pour le mal
une telle                              du mal pour le mal serait une volonté diabolique
Kant pense qu'il n'y a pas dans l'être humain de volonté diabolique
pour Kant l'amour de soi-même, et mettre ainsi la morale au              plan
la morale sera servie si elle ne me dérange pas
la plupart du temps les êtres humains ne sont moraux que par             
ils sont moraux parce que les circonstances ont été                     
un exemple
une personne qu'on appellera la personne A, désire obtenir telle chose
elle l'obtient, ainsi que telle autre personne, la personne B qui désirait la même chose, par exemple, un avantage             
mais s'il n'y avait eu la possibilité de                      qu'une seule personne, ou A ou B et qu'alors au lieu d'examiner loyalement qui méritait objectivement d'obtenir cet avantage social
la personne A aurait fait en sorte, par des mensonges et par des ruses, d'écarter son rival
elle se serait montrée qu'elle est en réalité immorale
elle n'a été apparemment morale que parce qu'il y avait deux avantages sociaux à répartir et qu'il n'y avait que deux personnes à pouvoir en                                                 
toute personne peut donc paraître très gentille, très morale, dans les situations où tout va bien
mais en réalité, le fond de son coeur est immoral
le                    kantien
pour être moral, il faut avoir réellement l'intention de l'être
il faut vouloir être moral
d'agir par pur respect pour la loi
non pas seulement                                        à la loi
le problème                    est très différent du problème moral
un peuple de démons peut vivre ensemble correctement
il suffit d'instituer des lois contraignantes qui punissent sévèrement l'immoralité
Pierre Bayle (1647-        )
un philosophe du XVIIe siècle
disait que n'importe quelle personne pouvait se comporter comme si elle était morale
il suffit d'attacher de la reconnaissance sociale, des                                 , des prix, de l'admiration publique ou encore de l'argent, à toutes les conduites morales
pour Kant ce n'est précisément pas être moral
la personne qui         , non pas comme la loi morale demande d'agir, mais parce que c'est la loi qui demande d'agir ainsi
pour un peuple complètement moral, il n'y aurait plus besoin de loi juridique
on peut se demander s'il n'y a jamais eu une seule personne purement et réellement morale, dans toute l'                              
c'est dans cette volonté            que le souverain bien peut se rencontrer

People:

Pierre Bayle (1647-1706)
A Protestant French philosopher and writer best known for his seminal work the Historical and Critical Dictionary in 1697
  • a forerunner of the Encyclopedists
  • an advocate of the principle of the toleration of divergent beliefs
  • his works influenced the development of the Enlightenment
  • his Dictionnaire Historique et Critique is a biographical dictionary
  • the overwhelming majority of the entries are devoted to individual people, whether historical or mythical, but some articles treat religious beliefs and philosophies
  • many of the more controversial ideas in the book were hidden away in the voluminous footnotes, or they were slipped into articles on seemingly uncontroversial topics
  • influenced many thinkers of the Enlightenment, including Denis Diderot and the other Encyclopédistes, David Hume, and George Berkeley
  • born in Carla-le-Comte, later renamed Carla-Bayle in his honor
  • educated by his father, a Calvinist minister
  • entered a Jesuit college in Toulouse
  • became a Roman Catholic a month later, 1669
  • with two years, returned to Calvinism and fled to Geneva
  • in Geneva, became acquainted with the teachings of René Descartes
  • returned to France and went to Paris, where he worked as a tutor
  • 1675 was appointed to the chair of philosophy at the Protestant Academy of Sedan
  • 1681 university at Sedan was suppressed by the government in action against Protestants
  • fled to the Dutch Republic, appointed professor of philosophy and history at the École Illustre in Rotterdam
  • 1693 became embroiled in internal quarrel in the college, deprived of his chair
  • remained in Rotterdam until his death in 1706

Flashcards:

a propensity
une propension
to act badly
à mal agir
that everywhere they are in chains
partout ils sont dans les chaînes
that we are constrained
que nous avons été contraint
the immutable power
la puissance immaîtrisable
anguish
angoisse
overwhelms us
nous submerge
reassuring enough
assez rassurant
Even if it sometimes happens
Même si parfois il survient
this amounts to saying
cela revient à dire
does not harm
ne nuise pas
I make my happiness
je me fais de mon bonheur
I will be
Je serai
be legitimately happey
légitimement être heureux
I will be moral
je serai moral
in the past
autrefois
a wickedness of the human heart
une mauvaiseté du coeur humain
prevail
prévaloir
the love of oneself
l'amour de soi-même
moral
moraux
to dismiss his rival
d'écarter son rival
She was apparently moral only because
Elle n'a été apparemment morale que parce qu'il
Such is precisely
Tel est précisément
can live together properly
puisse vivre ensemble correctement
to institute binding laws
d'instituer des lois contraignantes
that any person could behave as if he were moral
que n'importe quelle personne pouvait se comporter comme si elle était morale
ultimately
au bout du compte
which will remind us
qui va nous rappeler
An action performed by duty
Une action accomplie par devoir
which can determine it
qui puisse la déterminer
afterwards
par la suite
it's in this will alone
c'est dans cette volonté seule
that the good can be found
que le souverain bien peut se rencontrer

Ideas and Concepts:

L'intuition de Kant, via le cours Introduction aux éthiques philosophiques: "Selon Kant, il y a une propension, chez les êtres humains, à mal agir. Car Kant n'est pas un naïf. Il sait qu'il y a du mal parmi les êtres humains, que partout ils sont dans les chaînes. Il sait que nous mentons aux autres, et pire que nous nous mentons volontiers à nous-mêmes, de façon à pouvoir penser que s'il y a du mal, il ne nous concerne pas, ou que nous avons été contraint de le commettre sans pouvoir rien faire d'autre."
Du mal radical,via le cours Introduction aux éthiques philosophiques:

"Kant pense qu'il y a un mal radical dans la nature humaine. Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire, un mal radical?

Cela signifie la décision intime, invisible, même à moi-même, parce que non-avouée, de nous préférer nous, plutôt que l'exigence de la loi morale. Faire passer l'amour de soi-même avant le respect de la loi morale.

Voilà, au fond, le mal radical. En d'autres termes, cela revient à dire, je veux bien être moral, à condition que cela ne nuise pas à mon bonheur, ou alors à l'idée que je me fais de mon bonheur. Je serai donc moral, sous conditions.

Or, l'éthique présente en nous, grâce à la loi morale nous demande de subordonner notre désir, notre désir de bonheur à l'accomplissement d'actions morales.

Nous pouvons bien sûr légitimement être heureux, et Kant n'a jamais été contre le bonheur. Il dit seulement que le devoir éthique exige que mon bonheur ne se fasse pas au prix de l'immoralité.

Le mal radical, la perversion du coeur humain, consiste à inverser l'ordre des maximes. Il consiste à penser en soi-même, je n'ai rien contre la moralité et si je le peux, je serai moral. Mais sous conditions que la moralité n'implique pas pour moi des choses désagréables, négatives, incompatibles avec mon bonheur et mes désirs.

Tel est le mal radical."

Enhanced Transcription:

Dans la dernière séquence, nous sommes demandés pourquoi il y a, selon Kant, une propension (a propensity), chez les êtres humains, à mal agir (to act badly).

Car Kant n'est pas un naïf.

Il sait qu'il y a du mal parmi les êtres humains, que partout ils sont dans les chaînes (that everywhere they are in chains).

Il sait que nous mentons aux autres, et pire que nous nous mentons volontiers à nous-mêmes, de façon à pouvoir penser que s'il y a du mal, il ne nous concerne pas, ou que nous avons été contraint (that we are constrained) de le commettre sans pouvoir rien faire d'autre.

D'où vient le mal?

Vient-il seulement de notre finitude?

De la puissance immaîtrisable (the immutable power) des forces extérieures ou des passions en nous?

Vient-il de la peur? De l'angoisse (anguish)?

D'émotions irrésistibles ou du fait que la nature, en nous, nous submerge (overwhelms us)?

Ce serait au fond assez rassurant (reassuring enough) si c'était le cas.

Car nous pourrions toujours dire que nous n'avons pas voulu le mal.

Même si parfois il survient (Even if it sometimes happens).

C'est ainsi que l'empereur d'Allemagne, Guillaume II, à la fin de l'été 1918, avait fait écrire sur l'un des murs du château du Haut-Koenigsburg : Je n'ai pas voulu cela.

Mais Kant pense que le problème est beaucoup plus profond.

Et qu'il dépend d'avantage de nous que (it depends more on us than) nous voulons bien le dire.

Kant pense qu'il y a un mal radical dans la nature humaine.

Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire, un mal radical?

Cela signifie la décision intime, invisible, même à moi-même, parce que non-avouée, de nous préférer nous, plutôt que l'exigence de la loi morale.

Faire passer l'amour de soi-même avant le respect de la loi morale.

C'est-à-dire avant l'exigence d'agir en s'assurant toujours que la maxime de notre action peut être universalisée, comme nous l'avons vu dans la séquence précédente.

Voilà, au fond, le mal radical. En d'autres termes, cela revient à dire (this amounts to saying), je veux bien être moral, à condition que cela ne nuise pas (does not harm) à mon bonheur, ou alors à l'idée que je me fais de mon bonheur (I make my happiness).

Je serai (I will be) donc moral, sous conditions.

Or, l'éthique présente en nous, grâce à la loi morale nous demande de subordonner notre désir, notre désir de bonheur à l'accomplissement d'actions morales.

Nous pouvons bien sûr légitimement être heureux (be legitimately happey), rien à dire là-dessus (nothing to say about it?), et Kant n'a jamais été contre le bonheur.

Il dit seulement que le devoir éthique exige que mon bonheur (requires that my happiness) ne se fasse pas au prix de l'immoralité.

Le mal radical, la perversion du coeur humain, consiste à inverser l'ordre des maximes.

Il consiste à penser en soi-même, je n'ai rien contre la moralité et si je le peux, je serai moral (I will be moral).

Mais sous conditions que la moralité n'implique pas pour moi des choses désagréables, négatives, incompatibles avec mon bonheur et mes désirs.

Tel est le mal radical.

Il ne veut pas le mal pour le mal.

Une telle volonté du mal pour le mal serait une volonté diabolique.

Et Kant pense qu'il n'y a pas dans l'être humain de volonté diabolique.

Si vous voulez, ce serait une limite hyperbolique, un point extrême, qui avait été bien illustré, autrefois (in the past), par Paul Verhoeven dans son film Basic Instinct où il avait présenté un personnage qui voulait le mal pour le mal, de manière pure.

En revanche, Kant, s'il ne pense pas, qu'il y a de volonté du mal pour le mal, pense qu'il y a une mauvaiseté du coeur humain (a wickedness of the human heart), qui consiste à faire prévaloir (prevail), quoiqu'il arrive, l'amour de soi-même (the love of oneself), et mettre ainsi la morale au second plan.

La morale sera servie si elle ne me dérange pas.

Si bien que (While that), comme il l'explique dans La Religion dans les limites de la simple raison, un de ses derniers livres : la plupart du temps les êtres humains ne sont moraux (moral) que par hasard.

Ils sont moraux parce que les circonstances ont été favorables.

Et qu'elles n'ont pas impliqué, ces circonstances, de subordonner le désir de bonheur à la moralité.

Par exemple, une personne qu'on appellera la personne A, désire obtenir telle chose.

Elle l'obtient, ainsi que telle autre personne, la personne B qui désirait la même chose, par exemple, un avantage social.

Mais s'il n'y avait eu la possibilité de satisfaire qu'une seule personne, ou A ou B et qu'alors au lieu d'examiner loyalement qui méritait objectivement d'obtenir cet avantage social, eh bien, la personne A aurait fait en sorte (would have ensured?), par des mensonges et par des ruses, d'écarter son rival (to dismiss his rival).

Elle se serait montrée telle qu'elle est, alors, en réalité, c'est-à-dire immorale.

Elle n'a été apparemment morale que parce qu'il (She was apparently moral only because) y avait deux avantages sociaux à répartir et qu'il n'y avait que deux personnes à pouvoir en bénéficier.

Toute personne peut donc paraître très gentille, très morale, dans les situations où tout va bien.

Mais en réalité, le fond de son coeur est immoral.

Tel est précisément (Such is precisely) le mal radical en chacun de nous, pour Kant.

On voit alors ce que signifie précisément ce qu'on a nommé le rigorisme kantien.

Pour être moral, il faut avoir réellement l'intention de l'être.

Il faut vouloir être moral, c'est-à-dire agir par pur respect pour la loi, et non pas seulement conformément à la loi.

De ce point de vue, il faut le souligner, le problème juridique est très différent du problème moral.

Avec la question juridique, la dimension juridique de l'existence humaine, il s'agit de faire en sorte, par les lois de la société, que, qu'un peuple de démons, selon l'expression de Kant, puisse vivre ensemble correctement (can live together properly).

Et pour cela, il suffit d'instituer des lois contraignantes (to institute binding laws) qui punissent sévèrement l'immoralité. Alors les gens seront moraux extérieurement.

C'est-à-dire qu'ils ne seront pas moraux en leur for intérieur (in their hearts?), mais ils se comporterons par contrainte comme s'ils étaient moraux.

Pierre Bayle, un philosophe du XVIIe siècle disait très justement que n'importe quelle personne pouvait se comporter comme si elle était morale (that any person could behave as if he were moral).

Il suffit, pour cela, d'attacher de la reconnaissance sociale, des médailles, des prix, de l'admiration publique ou encore de l'argent, à toutes les conduites morales, à la limite, vous pourriez ainsi avoir un peuple uniquement composé de personnes bassement intéressées mais qui se comporteraient quotidiennement conformément à la morale.

Pour Kant, ce n'est précisément pas être moral.

Seule est morale, la personne qui agit, non pas comme la loi morale comme la loi morale demande d'agir, mais parce que c'est la loi qui demande d'agir ainsi.

Pour un peuple complètement moral, il n'y aurait plus besoin de loi juridique.

C'est pourquoi, au bout du compte (ultimately), on peut se demander, avec Kant, s'il n'y a jamais eu une seule personne purement et réellement morale, dans toute l'humanité.

À vrai dire, c'est impossible à savoir, parce que, pour le savoir, il faudrait pouvoir sonder les reins et les coeurs (probe the minds and the hearts?).

Mais, terminons cette leçon, à propos du mal, et à propos de la difficulté à être moral.

En laissant la parole à Kant, lui-même, qui va nous rappeler (which will remind us) ce qu'implique une attitude vraiment morale.

Une action accomplie par devoir (An action performed by duty) doit exclure complètement l'influence de l'inclination et avec elle tout objet de la volonté (any object of the will), afin qu'il ne reste rien, pour la volonté, qui puisse la déterminer (which can determine it), si ce n'est objectivement la loi, >> et subjectivement un pur respect pour cette loi pratique, par la suite (afterwards), la maxime d'obéir à cette loi, même au préjudice de toutes mes inclinations.

Ainsi la valeur morale de l'action ne réside pas dans l'effet qu'on en attend, ni non plus dans quelque principe de l'action qui a besoin d'emprunter son mobile (borrow his motive?) à cet effet attendu.

Car tous ces effets, contentement de son état, et même contribution au bonheur d'autrui (contribution of happiness to others), pourraient être aussi bien produits par d'autres causes ; il n'était donc pas besoin pour cela de la volonté d'un être raisonnable.

Et cependant, c'est dans cette volonté seule (it's in this will alone) que le souverain bien peut se rencontrer (that the good can be found).

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