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Agir moralement: Quelques exemples kantiens
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moyen, potentialités, besoin, mensonge, autres, rouiller, malheur, saura, prises, autrui, rendre, animale, mis, devoir, carpe, donnerait, contredirait, fasse, erreur, soucieux, sache, juste, embarras, jouissance, réalité, tourner, communauté, perfectionner, rirait, égards, universelle, emprunter, théoricien, confiance
Emmanuel Kant était un penseur essentiellement                                   
mais ce serait une              de penser qu'il ne s'est jamais occupé de la réalité concrète
dans sa vie quotidienne, ce n'était pas un homme isolé des             
il a cultivé l'amitié
sa vie a été incontestablement très rangée
Kant a toujours pensé que les êtres humains devaient être                  de l'action qui les conduiraient à réaliser leur destination, à devenir pleinement des personnalités
trois exemples qu'il a donnés dans les Fondements de la métaphysique des moeurs, dans la deuxième section
1. texte: L'emprunteur, le                  et la confiance
"Un homme se voit poussé par le besoin à                    de l'argent.
Il sait bien qu'il ne pourra pas le              mais il voit bien aussi qu'on ne lui prêtera rien s'il ne s'engage ferme à s'acquitter à une époque déterminée.
Il a envie de faire cette promesse, mais il a aussi assez de conscience pour se demander : n'est-il pas défendu, n'est-il pas contraire au devoir de se tirer d'affaire par un tel           .
Supposé qu'il prenne cependant ce parti ; la maxime de son action signifierait ceci : quand je crois être à court d'argent, j'en emprunte, et je promets de rendre, bien que je            que je n'en ferai rien.
Or il est fort possible que ce principe de l'amour de soi ou d'utilité personnelle se concilie avec tout mon bien-être à venir, mais pour l'instant la question est de savoir s'il est           .
Je convertis donc l'exigence de l'amour de soi en une loi universelle et j'institue la question suivante : qu'arriverait-il si ma maxime devenait une loi                       .
Or je vois là aussitôt qu'elle ne pourrait jamais valoir comme loi universelle de la nature et s'accorder avec elle-même, mais qu'elle devrait nécessairement se contredire.
Car admettre comme une loi universelle que tout homme qui croit être dans le besoin puisse promettre ce qui lui vient à l'idée, avec l'intention de ne pas tenir sa promesse, ce serait même rendre impossible le fait de promettre avec le but qu'on peut se proposer par là, étant donné que personne ne croirait à ce qu'on lui promet, et que tout le monde              de pareilles démonstrations, comme de vaines feintes
une société humaine ne peut reposer que sur la                   
si on érige en règle morale qu'on a le droit de mentir si ça nous permet de nous tirer d'un embarras, et de profiter de la crédulité des autres, cela veut tout simplement dire qu'on ne pourra bientôt plus faire confiance à personne et que le principe même d'une société humaine sera        à mal
on sera obligé de nous considérer comme des êtres non fiables par principe il n'y aura plus de société libre mais une société où nous serons en permanence contrôlés parce qu'on            qu'il ne faut pas se fier à un être humain
il est donc impossible d'universaliser la maxime si cela me sert à me sortir d'                
je peux profiter du bien d'            
2. texte: la paresse et le devoir de se perfectionner
"Un homme trouve en lui un talent qui, grâce à quelque culture, pourrait faire de lui un homme utile à bien des                           .
Mais il se voit dans une situation aisée et il aime mieux se laisser aller au plaisir que s'efforcer d'étendre et de                            ses heureuses dispositions naturelles.
Cependant il se demande encore si sa maxime de négliger ses dons naturels, qui en elle-même s'accorde avec son penchant à la                     , s'accorde aussi bien avec ce que l'on appelle le devoir.
Or il voit bien que sans doute une nature selon cette loi universelle pourrait toujours encore subsister, alors même que l'homme laisserait                  son talent et ne songerait qu'à tourner sa vie vers l'oisiveté, le plaisir, la propagation de l'espère, en un mot, vers la jouissance.
Mais il ne peut absolument pas vouloir que cela devienne une loi universelle de la nature ou que cela soit implanté comme tel en nous par un instinct naturel.
Car, en tant qu'être raisonnable, il veut nécessairement que toutes les facultés soient développées en lui parce qu'elles lui sont utiles et qu'elles lui sont données pour toutes sortes de fins possibles."
le            diem
profiter de la vie tant qu'on peut en profiter, cela est possible mais cela                    un monde humain où
tout stagne
tout serait freiné
tout serait freiné tout ce qui permet à l'être humain de s'élever au-dessus de la condition               
il est impossible de vouloir que l'être humain ne développe pas les                                          qui sont en lui
3. texte: l'égoïsme et l'altruisme
"Un homme, à qui tout va bien, voyant d'autres hommes à qui il pourrait bien porter secours aux              avec de grandes difficultés, raisonne ainsi: que m'importe que chacun soit aussi heureux qu'il plaît au ciel ou que lui-même peut l'être de son fait; je ne lui déroberai pas la moindre part de ce qu'il a, je ne lui porterai même pas envie.
Seulement je ne me sens pas le goût de contribuer en quoi que ce soit à son bien-être ou d'aller l'assister dans le             .
Or, si cette manière de voir devenait une loi universelle de la nature, l'espèce humaine pourrait sans doute fort bien subsister, et assurément dans de meilleures conditions que lorsque chacun a sans cesse à la bouche les mots de sympathie et de bienveillance, mais trompe dès qu'il le peut, trafique du droit des hommes et y porte atteinte à d'autres égards.
Mais, bien qu'il soit parfaitement possible qu'une loi universelle de la nature conforme à cette maxime subsiste, il est cependant impossible de vouloir qu'un tel principe vaille universellement comme loi de la nature.
Car une volonté qui prendrait ce parti se                          elle-même.
Il peut en effet survenir malgré tout bien des cas où cet homme ait besoin de l'amour et de la sympathie des autres, et où il serait privé lui-même de tout espoir d'obtenir l'assistance qu'il désire par cette loi de la nature issue de sa volonté propre."
le devoir moral est tourné vers autrui, vers le fait qu'il n'y a pas de vie humaine possible sans                                   
la souffrance d'êtres humains lointains est une                                            de tous les jours
la règle d'or
cette vieille règle antique qui dit ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te           
c'est encore l'amour de moi-même qui est le critère de la décision morale
je me dis au fond si un tel                m'arrivait j'aimerais qu'on me vienne en aide
il y a un              de la raison de ne pas consentir à ce que ma prospérité s'établisse et se maintienne aux dépens de celle des autres
Kant introduit au coeur de la moralité comme devoir moral inflexible l'exigence d'avoir souci d'autrui spécialement quand il souffre et de ne pas lui                le dos s'il espère mon aide

Enhanced Transcription (not yet parsed):

Emmanuel Kant a beau être (Kant may be) un penseur essentiellement théoricien ce serait une erreur de penser qu'il ne s'est jamais occupé de la réalité concrète.

Dans sa vie quotidienne, ce n'était pas un homme isolé des autres.

Il a cultivé l'amitié (he cultivated friendship) et si sa vie a été incontestablement très rangée (very tidy) à partir de ses 40 ans, et même routinière si l'on songe à (if one thinks of) la fameuse promenade quotidienne toujours la même qu'il a faite durant des années, Kant a toujours pensé que les êtres humains devaient être soucieux de l'action (should be conscious of the action) qui les conduiraient à réaliser leur destination, à devenir pleinement des personnalités (to fully become personalities).

Aussi, il a eu le souci (he wanted to) d'illustrer par des exemples la mise en oeuvre (the implementation) de l'impératif catégorique dont nous avons parlé dans la séquence précédente.

Considérons pour cette séquence plus spécialement trois exemples qu'il a donnés dans les Fondements de la métaphysique des moeurs (morals), dans la deuxième section.

On pourrait intituler le premier L'emprunteur, le mensonge et la confiance (The borrower, the lie and trust).

Écoutons-le: Un homme se voit poussé par le besoin à (A main is driven by the need to) emprunter de l'argent (borrow money).

Il sait bien qu'il ne pourra pas le rendre (He knows that he will not be able to return it) mais il voit bien aussi qu'on ne lui prêtera rien (nobody will lend him anything) s'il ne s'engage ferme à s'acquitter à une époque déterminée.

Il a envie de faire cette promesse (He wants to make that promise), mais il a aussi assez de conscience pour se demander : n'est-il pas défendu (it is not forbidden), n'est-il pas contraire au devoir (it's not contrary to the duty) de se tirer d'affaire (extricate) par un tel moyen?

Supposé qu'il prenne cependant ce parti ; la maxime de son action signifierait ceci : quand je crois être à court d'argent, j'en emprunte, et je promets de rendre, bien que je sache que je n'en ferai rien.

Or il est fort possible que ce principe de l'amour de soi ou d'utilité personnelle se concilie avec (reconciles with) tout mon bien-être à venir, mais pour l'instant la question est de savoir s'il est juste.

Je convertis donc l'exigence de l'amour de soi en une loi universelle et j'institue la question suivante : qu'arriverait-il si ma maxime devenait une loi universelle?

Or je vois là aussitôt qu'elle ne pourrait jamais valoir comme loi universelle de la nature et s'accorder avec elle-même (agree with itself), mais qu'elle devrait nécessairement se contredire (but that it would necessarily contradict itself).

Car admettre comme une loi universelle que tout homme qui croit être dans le besoin puisse promettre ce qui lui vient à l'idée, avec l'intention de ne pas tenir sa promesse (keep his promise), ce serait même rendre impossible le fait de promettre avec le but qu'on peut se proposer par là (we can offer thus?), étant donné que personne ne croirait à ce qu'on lui promet, et que tout le monde rirait de pareilles démonstrations (everything would laugh at such demonstrations), comme de vaines feintes.

Dans ce texte que nous venons d'entendre (which we just heard), le principe est très clair : une société humaine ne peut reposer que sur la confiance (can only be based on trust).

Si on érige en règle morale (If we erect a moral rule) qu'on a le droit de mentir (one has the right to lie) si ça nous permet de nous tirer d'un embarras (save from embarrassment), et de profiter de la crédulité des autres, alors cela veut tout simplement dire qu'on ne pourra bientôt plus faire confiance à personne et que le principe même d'une société humaine sera mis à mal (will be undermined).

On sera obligé de nous considérer comme des êtres non fiables par principe (unreliable by principle) il n'y aura plus de société libre mais une société où nous serons en permanence contrôlés parce qu'on saura qu'il ne faut pas se fier à un être humain (that one should not trust a human being).

Il est donc impossible d'universaliser la maxime si cela me sert à me sortir d'embarras (if it helps me out of an embarrassment), je peux profiter du bien d'autrui (I can enjoy the good of others).

Voyons à présent un deuxième exemple que l'on pourrait intituler La paresse et le devoir de se perfectionner (Laziness and the duty to improve).

Écoutons Kant. Un homme trouve en lui un talent qui, grâce à quelque culture, pourrait faire de lui un homme utile à bien des égards (in many ways).

Mais il se voit dans une situation aisée (an easy situation) et il aime mieux se laisser aller au plaisir que s'efforcer d'étendre et de perfectionner ses heureuses dispositions naturelles.

Cependant il se demande encore si sa maxime de négliger ses dons naturels (neglect his natural gifts), qui en elle-même s'accorde avec son penchant à la jouissance (enjoyment), s'accorde aussi bien avec ce que l'on appelle le devoir (what is called duty).

Or il voit bien que sans doute une nature selon cette loi universelle pourrait toujours encore subsister, alors même que l'homme laisserait rouiller son talent (that a person lets his talent rust) et ne songerait qu'à tourner sa vie vers l'oisiveté (would only dream of turning his life towards idleness), le plaisir, la propagation de l'espère, en un mot, vers la jouissance (towards enjoyment/p); mais il ne peut absolument pas vouloir que cela devienne une loi universelle de la nature ou que cela soit implanté comme tel en nous par un instinct naturel.

Car, en tant qu'être raisonnable (For, as a reasonable being), il veut nécessairement que toutes les facultés soient développées en lui parce qu'elles lui sont utiles et qu'elles lui sont données pour toutes sortes de fins possibles.

Dans ce deuxième texte, deux choses importantes sont à souligner.

La première, c'est que l'universalisation d'une telle attitude si vous voulez ce que l'on nomme ordinairement le carpe diem, profiter de la vie tant qu'on peut en profiter (enjoy life as long as you can enjoy it), cela est possible mais cela donnerait un monde humain où tout stagne, où tout serait freiné (where all would be hampered/) et où serait freiné tout ce qui permet à l'être humain de s'élever au-dessus de la condition animale.

La deuxième chose importante, c'est l'idée qu'il y a en notre raison au coeur de nous-mêmes, quelque chose qui nous interdit de vouloir cela en toute conscience, il est impossible de vouloir que l'être humain ne développe pas les potentialités qui sont en lui.

Enfin, considérons un troisième texte qu'on pourrait intituler cette fois L'égoïsme et l'altruisme.

Écoutons Kant. Un homme, à qui tout va bien, voyant d'autres hommes à qui il pourrait bien porter secours aux prises (that he could help) avec de grandes difficultés, raisonne ainsi: que m'importe (what do I do?)?

Que chacun soit aussi heureux qu'il plaît au ciel (Let everyone be as happy as heavy pleases) ou que lui-même peut l'être de son fait; je ne lui déroberai pas la moindre part de ce qu'il a (I will not steal from him any part of what he has), je ne lui porterai même pas envie (I will not even envie him) ; seulement je ne me sens pas le goût de contribuer en quoi que ce soit à son bien-être ou d'aller l'assister dans le besoin.

Or, si cette manière de voir devenait une loi universelle de la nature, l'espèce humaine pourrait sans doute fort bien subsister (could very well survive), et assurément dans de meilleures conditions que lorsque chacun a sans cesse à la bouche les mots de sympathie et de bienveillance, mais trompe dès qu'il le peut (but deceives as soon as he can?), trafique du droit des hommes et y porte atteinte à d'autres égards (infringes it in other respects?).

Mais, bien qu'il soit parfaitement possible qu'une loi universelle de la nature conforme à cette maxime subsiste, il est cependant impossible de vouloir qu'un tel principe vaille (that such a principle is?) universellement comme loi de la nature.

Car une volonté qui prendrait ce parti se contredirait elle-même (would contradict itself); il peut en effet survenir malgré tout bien des cas où cet homme ait besoin de l'amour et de la sympathie des autres, et où il serait privé lui-même de tout espoir d'obtenir l'assistance qu'il désire par cette loi de la nature issue de sa volonté propre (of his own will).

Avec ce troisième et dernier texte, on voit clairement que le devoir moral (the moral duty) est tourné vers autrui, vers le fait qu'il n'y a pas de vie humaine possible sans communauté.

Nous sommes ici au Musée international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La souffrance d'êtres humains lointains (distant) est une réalité de tous les jours.

N'est-il pas immoral c'est-à-dire contraire au devoir d'y être indifférent?

Kant retrouve ici à la fin de ce paragraphe ce que l'on a nommé la règle d'or c'est-à-dire cette vieille règle antique (this old ancient rule) qui dit ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse.

Toutefois, contrairement à ce que la phrase finale laisse entendre, ce n'est pas le critère décisif (this is not the decisive criterion) dans la mesure où dans le cadre de la règle d'or c'est encore l'amour de moi-même qui est le critère de la décision morale, je me dis au fond si un tel malheur m'arrivait j'aimerais qu'on me vienne en aide, le critère décisif en réalité pour Kant c'est le fait qu'il y a un devoir de la raison (a duty of reason) de ne pas consentir à ce que ma prospérité s'établisse et se maintienne aux dépens de celle des autres.

Kant introduit au coeur de la moralité comme devoir moral inflexible l'exigence d'avoir souci d'autrui spécialement quand il souffre et de ne pas lui tourner le dos s'il espère mon aide.
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