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Catharsis et tragédie
Choose from these words to fill the blanks below:
imite, illusion, représentation, frayeur, enfuir, illusion, violentes, insupportable, conduits, personnages, excessif, autodétruire, signale, plaisir, devant, devenir, recèle, réel, lien, pièce, compte, paralysé, purger, règle, intérieures, reproduise
le          entre ce que vous être en train de dire et la catharsis
Jean Chapelain : Lettre sur la                          des vingt-quatre heures (1630)
il ne paraisse aucune différence entre l'objet imité et celui qui           
le but c'est de              le spectateur de ses passions déréglées
Aristote a écrit dans sa Poétique un passage dans lequel il dit que le but de la tragédie c'est de provoquer des émotions                   , la frayeur et la pitié
pour purger les spectateurs de toutes leurs passions, leurs émotions                                     
Chapelain, comme tous ses contemporains est persuadé que c'est ça qui se passe
le but de la tragédie c'est de provoquer des émotions pour le purger de ses passions
catharsis
la purgation
le but des règles c'était donner l'                 au spectateur que ce qu'il voit est
les théoriciens du XVIIIe siècle ont été assez clairvoyants pour se rendre              que ce n'était pas ça qu'Aristote disait
la tragédie c'est l'art de représenter de façon réglée le dérèglement
la tragédie c'est des                        qui
par le dérèglement de l'ordre du monde ou par le dérèglement des passions des personnages
sont                 
à s'affronter
à se détruire
à s'                                      
la                et la pitié
lorsqu'on voit assassiner quelqu'un devant nous, dans la rue ou n'importe où, la frayeur est tellement violente
la pitié est tellement importante que l'on est                               , que l'on s'évanouit, que l'on s'enfuit
on a aucun plaisir, on ne veut pas que ça se                     
le principe du théâtre c'est que ça fait tellement plaisir
que l'on veut revenir voir la                         
pleurer dans la vie réelle c'est très douloureux
mais la chose qui est très douloureux dans la vie réelle peut                agréable
c'est ça qu'Aristote appelle catharsis
épuration, purgation
élimination de ce qui est                 
la tragédie                            en elle-même la capacité donc de suggérer des émotions violentes
mais d'éliminer ce qu'il y a d'                           dans les émotions violentes
donc de transformer les émotions violentes en source de               
chez les tragiques grecs il y avait
la danse
l'entrée du choeur
les stichomythies
la versification
la musique
tout ça fait que c'est un genre réglé qui nous                que nous sommes devant une représentation, devant un spectacle
à partir du moment où nous savons que nous sommes devant une                                            ou un spectacle nous avons suffisamment de distance
j'ai assez peur pour que ça me plaise et que je ne sois pas en train de vouloir m'            
c'est ça qui permet de comprendre aussi pourquoi un spectacle ou un film d'horreur est vu avec plaisir par des gens pour qui la vue du sang                        est insupportable
il y a quelque chose qui crée la conscience d'être devant un spectacle
mais qui crée une épuration, une catharsis de ce qui est insupportable en supportable et donc en plaisir
la règle est un signal que nous sommes              un spectacle
donc le paradoxe de l'art classique c'est de créer les conditions de l'                 du vrai tout en continuant à rappeler que malgré tout c'est du théâtre

Vocabulary:

stichomythia, n. [stick-oh-MITH-ee-ah] a technique in drama or poetry, common in ancient Greek arrangement of dialogue, in which alternating lines, or half-lines, are given to alternating characters, voices, or entities  "A special type of turn allocation occurs when speaker's alternating turns are of one line each, often called stichomythia and is often, albeit not exclusively, used in contexts where characters compete or disagree with one another."

Flashcards:

his irregular passions
ses passions déréglées
fright
la frayeur
if there is a relationship with catharsis
s'il y a un rapport avec la catharsis
to realize that
pour se rendre compte que
the scholars of Aristotle
les exégètes d'Aristote
but that which we can talk about
mais ça on pourra en reparler
As a result is this the cause
Du coup est-ce que c'est à cause
if I take out this formula
si j'ai sorti cette formule
the disruption of the order of the world
le dérèglement de l'ordre du monde
are driven to compete
sont conduits à s'affronter
an art that aims to set the scene
un art qui vise à mettre sur la scène
purification
épuration
the tragedy conceals
la tragédie recèle
that which is unbearable
ce qu'il y a d'insupportable
the entry of the choir
l'entrée du choeur
on the relationship between
sur le rapport entre

Enhanced Transcription:

Finalement, est-ce qu'il n'y a pas un lien entre ce que vous être en train de dire et la catharsis ?

Mais oui parce que, quand on regarde le raisonnement du principal théoricien qui va réintroduire les règles, qui s'appelle Jean Chapelain et qui dit dans une lettre, qui s'appelle la Lettre sur la règle des vingt-quatre heures.

« Je pose donc pour fondement que l’imitation en tous poèmes doit être si parfaite qu'il ne paraisse aucune différence entre l'objet imité et celui qui imite.

Parce que le but c'est de purger le spectateur de ses passions déréglées (his irregular passions) » c’est à dire que, qu'est-ce que ça veut dire « purger le spectateur de ses passions déréglées » ?

ça veut dire que au XVIIe siècle, au XVIe siècle et au XVIIe siècle et encore XVIIIe siècle on croit que Aristote a écrit dans sa Poétique un passage dans lequel il dit que le but de la tragédie c'est de provoquer des émotions violentes, la frayeur (fright) et la pitié, pour purger les spectateurs, soit de ces émotions-là, soit de toutes leurs passions, leurs émotions intérieures.

Et Chapelain, comme tous ses contemporains est persuadé que c'est ça qui se passe, et que le but de la tragédie c'est de provoquer des émotions, comme on disait au XVIIe siècle des passions chez le spectateur, pour le purger de ses passions.

Et donc s'il y a un rapport avec la catharsis (if there is a relationship with catharsis) – catharsis ça veut dire purgation – c'est qu'effectivement on pensait que le but des règles c'était donner l'illusion au spectateur que ce qu'il voit est vrai pour être tellement pris par l'action (to be so involved in the action) qu'il était totalement bouleversé par les émotions et donc purifié par ce qu'il voyait.

Évidemment c'est une interprétation à contre-sens de la catharsis et on sait aujourd'hui, et les théoriciens du XVIIIe siècle ont été assez clairvoyants pour se rendre compte que (to realize that) ce n'était pas ça qu'Aristote disait mais on les a oubliés les théoriciens du XVIIIe siècle, il fallu attendre la fin du XXe siècle pour que les exégètes d'Aristote (the scholars of Aristotle) arrivent à comprendre que, précisément ce n'est pas ça que voulait dire Aristote avec la catharsis mais ça on pourra en reparler (but that which we can talk about).

Du coup est-ce que c'est à cause (As a result is this the cause) de toutes ces règles que vous dites dans votre livre que « la tragédie c'est l'art de représenter de façon réglée le dérèglement (adjust the disruption) ? »

Oui, si j'ai sorti cette formule (if I take out this formula) : « la tragédie c'est l'art de représenter de façon réglée le dérèglement » c'est parce que la tragédie c'est des personnages qui, par le dérèglement de l'ordre du monde (the disruption of the order of the world) ou par le dérèglement des passions des personnages, sont conduits à s'affronter (are driven to compete), à se détruire, à s'autodétruire, etc.

Mais comment supporter, précisément ?

Et là on retrouve la question de la catharsis et de la vraie définition, qui est excellente, donnée par Aristote à la catharsis c'est-à-dire comment un art qui vise à mettre sur la scène (an art that aims to set the scene) des personnages qui s'entre-détruisent (destroy) peut « produire du plaisir, chez le spectateur, à travers la représentation d'actions qui produisent des émotions violentes comme la frayeur et la pitié ».

La frayeur et la pitié : lorsqu'on voit assassiner quelqu'un devant nous, dans la rue ou n'importe où, la frayeur est tellement violente, et la pitié tellement importante que l'on est paralysé, que l'on s'évanouit (faint), que l'on s'enfuit (flee), etc.

Et l'on a aucun plaisir, on ne veut pas que ça se reproduise.

Or le principe du théâtre c'est que ça fait tellement plaisir que l'on veut revenir voir la pièce.

Ou au cinéma il y a des gens qui sont allés voir vingt fois Titanic pour recommencer vingt fois à pleurer.

Or pleurer dans la vie réelle c'est très douloureux donc comment quelque chose qui est très douloureux dans la vie réelle peut devenir agréable ?

Eh bien précisément c'est ça qu'Aristote appelle catharsis, catharsis ça signifie à la fois « épuration (purification), purgation » mais aussi « épuration, élimination de ce qui est excessif » et ce qu'il explique c'est que la tragédie recèle (the tragedy conceals) en elle-même la capacité donc de suggérer des émotions violentes mais d'éliminer ce qu'il y a d'insupportable (that which is unbearable) dans les émotions violentes.

Donc de transformer les émotions violentes en source de plaisir et c'est ça, pour revenir à votre question, le fait que la tragédie soit extrêmement réglée.

Chez les tragiques grecs il y avait la danse, l'entrée du choeur (the entry of the choir), les stichomythies, etc, etc, tout un ensemble, la versification, la musique, tout ça fait que c'est un genre réglé (all this because it is a set genre?) qui nous signale à nous spectateurs que nous sommes devant une représentation, devant un spectacle.

Et à partir du moment où nous savons que nous sommes devant une représentation ou un spectacle nous avons suffisamment de distance, même lorsque nous sommes pris par l'action, à tout moment nous avons suffisamment de distance pour nous dire : c'est un spectacle donc j'ai peur mais j'ai assez peur pour que ça me plaise et que je ne sois pas en train de vouloir m'enfuir.

Et c'est ça qui permet de comprendre aussi pourquoi un spectacle ou un film d'horreur, un film gore comme on dit, est vu avec plaisir par des gens pour qui la vue du sang réel est insupportable.

C'est parce que précisément il y a quelque chose en eux qui crée la conscience d'être devant un spectacle et donc qui transforme, qui crée une épuration (a purge), une catharsis de ce qui est insupportable en supportable et donc en plaisir.

Et donc voilà, représenter de façon réglée le dérèglement, la règle, quelles que soient ses formes, les règles françaises du XVIIe siècle et les règles des Grecs ne sont pas les mêmes mais ce sont des règles et les règles c'est un signal que, tout en croyant à la vérité de ce qu'on voit, c'est un signal que nous sommes devant un spectacle.

Donc le paradoxe de l'art classique c'est de créer les conditions de l'illusion du vrai tout en continuant à rappeler que malgré tout c'est du théâtre.

Eh bien j'espère avoir répondu à toutes vos questions et avoir essayé de résoudre les principales interrogations que l'on peut formuler sur le rapport entre (on the relationship between) le théâtre classique et les règles.

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Permanence de tragédie jusqu'au 19ème siècle
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17ème siècle Paris et le théâtre public
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Le contenu du texte: la rhétorique