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D'une religion orientale à la religion officielle
Choose from these words to fill the blanks below:
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quelle était la manière dont le christianisme est devenu une religion                    du judaïsme
dans l'empire             , l'Église connaît au cours du temps une évolution considérable
d'abord, elle apparaît aux Grecs et aux Romains comme une religion                    parmi d'autres
parfois mal distinguée du                           
mais elle va en trois siècles à peine devenir la religion                      de l'Empire romain
une fois séparée du judaïsme, la communauté chrétienne continue à se développer au cours des IIe et IIIe siècle, d'abord à partir de grandes             :
Antioche
                    
Corinthe
Rome
puis, progressivement, dans les                   
le IIIe siècle
un moment d'                   très importante de l'Église
l'Église doit également affronter ce qu'on appelle traditionnellement les persécutions
l'Empire romain connaît de grandes                                     
la crise du          siècle
économiques, politiques, militaires
pour la première fois, des incursions                  sur son territoire
un certain nombre d'empereurs promulguent des édits pour obliger les citoyens de l'Empire à sacrifier aux dieux de         
afin de réinstaurer ce qu'on appelle à Rome la          des dieux
249-250 l'empereur                       
257-258 l'empereur                               
les chrétiens qui refusent de sacrifier sont traduits en justice et parfois                                             
303-313                                   
l'empereur qui fait sortir l'Empire de la           
lance une grande persécution
on a à Rome deux empereurs
Constantin en Occident
                 en Orient
ces deux empereurs mettent        à la persécution
dans une              envoyée aux gouverneurs des provinces pour leur demander de mettre fin à la persécution
312 Constantin s'est lui-même                  au christianisme
son règne marque un tournant dans l'histoire des                    entre l'Eglise et l'Empire
le christianisme à partir de Constantin devient une religion                                 
tous les empereurs après Constantin, à l'exception de Julien l'              , sont des chrétiens
accordent aux chrétiens des privilèges de plus en plus nombreux et se posent comme des                        de l'Eglise
sous Théodose Ier, qui règne de 379 à 395, le culte                      est même interdit
le christianisme devient alors la religion officielle de l'Empire
on passe d'une époque où le christianisme est simplement autorisé
à la fin du        siècle avec Théodose il devient la religion officielle de l'Etat romain
le christianisme va se développer d'une façon très importante tant en Orient qu'en                 
il va rester pendant longtemps la religion de référence de l'            
le christianisme soit passé, en moins de trois siècles, du statut de communauté au sein du judaïsme à celui de religion officielle de l'Empire romain
les chrétiens rencontrent des                       
ils sont persécutés au IIIe siècle, au moins à trois                 
parce qu'on leur reproche d'être responsables des catastrophes qui s'abattent à cette époque sur l'Empire
les chrétiens sont souvent vus par les            et les Romains comme des barbares qui sont venus                        les traditions ancestrales
ils apparaissent comme des                               
ils refusent de                   
ils refusent de participer au culte                               
il y a des rumeurs qui courent sur les chrétiens dès le IIe siècle
on les accuse de pratiquer
l'              
le meurtre rituel
l'anthropophagie
sur le plan intellectuel
ils sont accusés par les philosophes de soutenir des doctrines                  et contraires aux traditions intellectuelles du monde grec et romain
le succès du christianisme
cette religion se diffuse parce qu'elle suscite une forte                     , comme les cultes orientaux
le culte d'Isis
le culte de             
une fascination de l'Orient en général
ils se présentent comme des religions de           
on est à une époque, notamment dans la crise du IIIe siècle, où les mentalités évoluent et les aspiration                        évoluent beaucoup
on essaie de substituer des formes de religiosité plus personnelles, plus               
ils promettent à l'individu en tant que tel un contact personnel avec la                               
ils garantissent une forme d'                                    
le christianisme se                    des autres cultes orientaux
1. un aspect universel
dans le culte de Mithra, les femmes n'étaient pas               
le christianisme s'adresse à tous les hommes quelle que soit leur appartenance                  ou quel que soit leur sexe
2. la simplicité des rites
le                           
ne sont pas très nombreux
ne présentent pas le caractère                 
3. le message chrétien est simple
fondé sur un récit historique, la vie de Jésus et une histoire qui est relatée dans l'Ancien Testament, l'histoire des relations entre Dieu et son             
les commandements chrétiens, les devoirs qui sont imposés au chrétien, sont relativement simples et facilement                          avec la morale antique
l'amour de Dieu
l'amour du                 
4. les chrétiens disposent d'une doctrine               
pas comme la forme d'un mythe comme c'est le cas dans le culte de Mithra ou le culte d'Isis
un ensemble d'idées sur l'histoire, sur Dieu, sur l'homme, qui, dès la fin du Ier siècle
présentent une allure                        philosophique et qui empruntent aux catégories de pensée des Grecs et des Romains
du point de vue                         , est beaucoup plus intégré à la culture grecque que ne le sont les cultes orientaux

People:

Julian the Apostate (331-363 AD)
Roman Emperor from 361 to 363, as well as a notable philosopher and Greek author, a man of unusually complex character: military commander, social reformer, man of letters, and theosophist (theosophy, mystic philosophy seeking the origin and purpose of the universe)
  • a member of the Constantinian dynasty, Julian became Caesar over the western provinces by order of Constantius II in 355 and in this role campaigned successfully against the Alamanni and Franks
  • most notable was his crushing victory over the Alamanni in 357 at the Battle of Argentoratum (Strasbourg), leading his 13,000 men against a Germanic army three times larger
  • in 360 in Lutetia (Paris) he was proclaimed Augustus by his soldiers, sparking a civil war between Julian and Constantius
  • before the two could face each other in battle, however, Constantius died, after naming Julian as his rightful successor
  • was the last non-Christian ruler of the Roman Empire, and it was his desire to bring the Empire back to its ancient Roman values in order to, as he saw it, save it from dissolution
  • purged the top-heavy state bureaucracy and attempted to revive traditional Roman religious practices at the expense of Christianity
  • Julian was mortally wounded in a campaign against the Sassanid Empire (224-651 Turkey/Iran) and died shortly thereafter

Flashcards:

that we were interested
que nous nous intéressions
in just three centuries
en trois siècles à peine
to face
affronter
In this context
Dans ce cadre
The Emperor Decius
L'empereur Dèce
and sometimes executed
et parfois exécutés
end the persecution
mettent fin à la persécution
It can be seen that in less than a century
On voit donc qu'en moins d'un siècle
both in the East and in the West
tant en Orient qu'en Occident
all the more so
ce d'autant plus
encounter opposition
rencontrent des oppositions
at least three times
au moins à trois reprises
which at that time fell upon the Empire
qui s'abattent à cette époque sur l'Empire
upset
bouleverser
they appear as renegades
ils apparaissent comme des renégats
And moreover
Et par ailleurs
including among elites
y compris chez les élites
This attraction of cults
Cet attrait des cultes
cults attract
cultes attirent
religions of salvation
des religions de salut
these expectations
ces attentes
as such
en tant que tel
could have imposed itself to the detriment of Christianity
aurait pu s'imposer au détriment du christianisme
which imposed itself
qui s'est imposé
irrespective of their ethnicity or gender
quelle que soit leur appartenance ethnique ou quel que soit leur sexe
otherwise
par ailleurs
a historical account
un récit historique
It brings us back to one aspect
Elle nous renvoie à un aspect
the adherents claim to hold
les adeptes prétendent détenir
addressed by the philosophers
abordées par les philosophes

Ideas and Concepts:

Cultes antiques via le cours Christianisme et Philosophie dans l'Antiquité:

"Le mithraïsme est un culte à mystères apparu probablement pendant le IIe siècle EC en Perse. Durant les siècles suivants il se propage dans tout l'Empire romain et atteint son apogée durant le IIIe siècle. Ce culte est particulièrement bien reçu et implanté chez les soldats romains.

Le culte de Mithra s'exerce dans des temples nommés mithræa. Ces endroits sont au départ des grottes naturelles. Obscures et dépourvues de fenêtres, elles sont exiguës, la plupart n'accueillent pas plus de quarante personnes.

La plus grande concentration de mithræa se trouve dans la capitale, Rome, mais on en a découvert dans des lieux éloignés tels que le nord de l'Angleterre, la Palestine ou encore sur la frontière orientale de l'Empire à Doura-Europos.

Selon un récit reconstruit à partir des images et de quelques témoignages écrits, le dieu Mithra nait d'une pierre (la petra generatrix) près d'une source sacrée, sous un arbre lui aussi sacré. Au moment de sa naissance il porte le bonnet phrygien, une torche et un couteau.

Dans le culte de Mithra il existe sept niveaux d'initiation 2,3,4 qui peuvent être mis en relation avec les sept planètes de l'astronomie de l'époque la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter et Saturne.

Les femmes sont exclues des mystères de Mithra. Quant aux hommes, il ne semble pas qu'un âge minimum soit requis et que des enfants soient admis. La langue utilisée dans les rituels est le grec, mélangé de quelques formules en persan (certainement incompréhensibles pour la majorité des fidèles). Ultérieurement, le latin s'introduit progressivement.

Le rite principal de la religion mithraïque semble être un banquet rituel, que l'on peut rapprocher d'une certaine manière de l'eucharistie du christianisme."

Enhanced Transcription:

Nous venons d'évoquer la manière dont le christianisme est devenu une religion distincte du judaïsme, dont il est issu.

Je voudrais à présent que nous nous intéressions (that we were interested) au statut de l'Église dans le monde romain.

Là encore, on va le voir, l'Église connaît au cours du temps une évolution considérable.

D'abord, elle apparaît aux Grecs et aux Romains comme une religion orientale parmi d'autres, parfois mal distinguée du judaïsme, mais elle va, en quelques siècles, en trois siècles à peine (in just three centuries), devenir la religion officielle de l'Empire romain.

La question se pose de savoir ce qui explique cette évolution.

Une fois séparée du judaïsme, la communauté chrétienne continue à se développer au cours des IIe et IIIe siècle, d'abord à partir de grandes villes (Antioche, Alexandrie, Corinthe, Rome), puis, progressivement, dans les campagnes.

Le IIIe siècle est un moment d'expansion très importante de l'Église sur le plan numérique (on the digital level?), mais elle doit également affronter (to face) les premières persécutions, ce qu'on appelle traditionnellement les persécutions.

On est à un moment où l'Empire romain connaît de grandes difficultés.

C'est ce qu'on appelle souvent la « crise du IIIe siècle».

Difficultés économiques, difficultés politiques, difficultés militaires également puisque l'Empire connaît, pour la première fois, des incursions barbares sur son territoire.

Dans ce cadre (In this context), un certain nombre d'empereurs promulguent des édits pour obliger les citoyens de l'Empire à sacrifier aux dieux de Rome, afin de réinstaurer ce qu'on appelle à Rome la paix des dieux.

L'empereur Dèce (The Emperor Decius) fin 249 ou début 250, puis l'empereur Valérien en 257 et en 258 promulguent ainsi des édits pour obliger les citoyens à sacrifier.

Les chrétiens qui refusent de sacrifier sont traduits en justice et parfois exécutés (and sometimes executed).

En 303, l'empereur qui fait sortir l'Empire de la crise, Dioclétien, lance, lui-même, dans le cadre des réformes qu'il prend pour réinstaurer l'ordre dans l'Empire romain, cet empereur lance une grande persécution qui dure en Orient jusqu'en 313.

Cette année, on a à Rome deux empereurs.

On a Constantin en Occident et on a Licinius en Orient.

Ces deux empereurs, une fois au pouvoir, mettent fin à la persécution (end the persecution) dans un document qu'on appelle souvent l'édit de Milan, qui en fait n'est pas un édit, mais une lettre envoyée aux gouverneurs des provinces pour leur demander de mettre fin à la persécution.

Constantin s'est lui-même converti au christianisme dès 312.

Il est donc lui-même un chrétien.

C'est le premier empereur chrétien que nous connaissions.

Son règne, jusqu'à sa mort en 337, marque un tournant dans l'histoire des relations entre l'Eglise et l'Empire.

Le christianisme à partir de Constantin devient une religion autorisée, et tous les empereurs, après Constantin, à l'exception de Julien l'Apostat, sont des chrétiens.

Ils accordent aux chrétiens des privilèges de plus en plus nombreux et se posent comme des protecteurs de l'Eglise.

Sous Théodose Ier, qui règne de 379 à 395, le culte païen est même interdit.

Le christianisme devient alors la religion officielle de l'Empire.

On voit donc qu'en moins d'un siècle (It can be seen that in less than a century), on passe d'une époque, celle de Constantin, où le christianisme est simplement autorisé, à la fin du IVe siècle, où, avec Théodose, il devient la religion officielle de l'Etat romain.

L'Empire devient donc chrétien.

Le christianisme va se développer d'une façon très importante tant en Orient qu'en Occident (both in the East and in the West).

Et il va rester pendant longtemps la religion de référence de l'Europe.

Question : Mais comment peut-on expliquer que le christianisme soit passé, en moins de trois siècles, du statut de communauté au sein du judaïsme à celui de religion officielle de l'Empire romain ?

C'est un fait qui suscite évidemment des interrogations, et ce d'autant plus (all the more so), on l'a vu, que les chrétiens rencontrent des oppositions (encounter opposition).

Ils sont persécutés au IIIe siècle, au moins à trois reprises (at least three times), parce qu'on leur reproche d'être responsables des catastrophes qui s'abattent à cette époque sur l'Empire (which at that time fell upon the Empire).

De manière générale, les chrétiens sont souvent vus par les Grecs et les Romains comme des « barbares » qui sont venus bouleverser (upset) les traditions ancestrales.

Sur le plan politique, ils apparaissent comme des renégats (they appear as renegades) quand ils refusent de sacrifier par exemple ou de manière générale quand ils refusent de participer au culte impérial, c'est-à-dire le culte rendu aux empereurs morts.

Et par ailleurs (And moreover), il y a des rumeurs qui courent sur les chrétiens dès le IIe siècle.

On les accuse de pratiquer l'inceste, le meurtre rituel, l'anthropophagie.

Et sur le plan intellectuel, nous le verrons, ils sont accusés par les philosophes de soutenir des doctrines absurdes et contraires aux traditions intellectuelles du monde grec et romain.

Donc on peut effectivement s'interroger sur les raisons qui font que cette religion qui est si décriée (which is so decried) devienne en quelques siècles la religion officielle de l'Empire romain.

Question : Mais alors, comment peut-on expliquer le succès du christianisme ?

Malgré toutes ces oppositions que suscite le christianisme, il faut bien comprendre que cette religion se diffuse parce qu'elle suscite également, y compris chez les élites (including among elites), une forte attraction, une attraction dont profitent également à la même époque, ce qu'on appelle parfois les « cultes orientaux », le culte d'Isis par exemple ou le culte de Mithra.

Cet attrait des cultes (This attraction of cults) orientaux peut s'expliquer par une fascination de l'Orient en général.

Mais plus profondément, si ces cultes attirent (cults attract) tellement les Grecs et les Romains, c'est parce qu'ils se présentent comme des religions de salut (religions of salvation).

On est à une époque, notamment le IIIe siècle, la crise du IIIe siècle, où les mentalités évoluent, où les aspiration religieuses évoluent beaucoup.

Et au culte civique traditionnel, on essaie de substituer des formes de religiosité plus personnelles, plus intimes.

Et ces cultes orientaux répondent en grande partie à ces attentes (these expectations).

Ils promettent à l'individu en tant que tel (as such) un contact personnel avec la divinité, et lui garantissent une forme d'immortalité.

Question : Mais qu'est-ce qui distingue le christianisme des autres cultes orientaux ?

C'est une bonne question. On cite souvent le mot de Renan, qui expliquait que si le monde n'avait pas été chrétien, il aurait été mithriaque.

Ce qui veut dire que la religion de Mithra aurait pu s'imposer au détriment du christianisme (could have imposed itself to the detriment of Christianity).

On est toujours obligé de se demander finalement pourquoi c'est le christianisme qui s'est imposé (which imposed itself), et pas les autres cultes concurrents.

Je crois que le succès du christianisme par rapport à tous ces cultes s'explique ou peut s'expliquer en tout cas de différentes façons : d'abord, la religion chrétienne présente un aspect universel qui ne se trouve pas dans les cultes orientaux.

Par exemple, dans le culte de Mithra, les femmes n'étaient pas admises.

Alors que le christianisme, lui, s'adresse à tous les hommes quelle que soit leur appartenance ethnique ou quel que soit leur sexe (irrespective of their ethnicity or gender).

Il y a une seconde raison qui tient probablement à la simplicité des rites chrétiens. Le baptême par exemple.

D'abord les rites ne sont pas très nombreux dans la religion chrétinene.

Donc ce n'est pas une religion très contraignante (binding) sur le plan rituel.

Et ces rites sont très simples et ne présentent pas par ailleurs (otherwise) le caractère sanglant que présentent parfois les rites que l'on trouve dans les cultes dits orientaux.

Le message chrétien lui-même, est relativement simple.

Il est fondé sur un récit historique (a historical account), la vie de Jésus, pour l'essentiel, et une histoire qui est relatée dans l'Ancien Testament, l'histoire des relations entre Dieu et son peuple ; et puis par ailleurs les commandements chrétiens, les devoirs qui sont imposés au chrétien, sont eux-mêmes relativement simples et facilement conciliables (reconcilable) avec la morale antique.

L'amour de Dieu, l'amour du prochain, d'après l'évangile de Matthieu, ce sont les deux commandements essentiels.

Et puis finalement il y a, je pense, un quatrième facteur, qui tient au fait que les chrétiens, à la différence de ce qu'on peut trouver dans les autres cultes orientaux, disposent d'une doctrine.

Et cette doctrine, dans la grande Église en tout cas, c'est-à-dire dans l'Église officielle, ne prend pas la forme d'un mythe comme c'est le cas dans le culte de Mithra ou le culte d'Isis, mais d'un ensemble d'idées sur l'histoire, sur Dieu, sur l'homme, qui, dès la fin du Ier siècle, c'est-à-dire assez tôt finalement, présentent une allure globalement philosophique et qui empruntent (borrow) aux catégories de pensée des Grecs et des Romains.

On peut donc dire que le christianisme, de ce point de vue, c'est-à-dire du point de vue intellectuel, est beaucoup plus intégré à la culture grecque que ne le sont les cultes orientaux.

On voit que la question des rapports entre le christianisme et la philosophie, qui constitue l'objet de ce cours, n'est pas une question secondaire.

Elle nous renvoie à un aspect (It brings us back to one aspect) très important de la doctrine chrétienne, et probablement à l'une des raisons essentielles de son succès et de sa diffusion.

Le christianisme se présente aux Grecs et Romains comme beaucoup plus qu'un culte oriental : c'est une religion de philosophes, ou en tout cas une religion dont les adeptes prétendent détenir (the adherents claim to hold) un certain nombre de vérités sur des questions qui sont, en principe, dans le monde grec et le monde romain, abordées par les philosophes (addressed by the philosophers).

Jésus et les origines du christianisme
Naissance de l'Église
D'une religion orientale à la religion officielle