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Le concept de la double prédestination de Calvin
Choose from these words to fill the blanks below:
Institution, réprobation, concilium, inébranlable, voulu, marginal, départager, condamné, expulsé, condamnation, épître, pragmatique, troisième, réprouvé, envers, amour, siens, ensemble, double, centrale, appuie, empécher, humaine, poignée, endurcit, veut, Providence, manières, vécu, courrouce, tyran, horrifiant, croient, secret, salut, aise, absolue, don, sauvés, camp, enseigne, trouble, réprobation, réprouve, peines, naître, négatifs
Calvin est principalement le théologien de
1. la prédestination
2. la double prédestination
ce serait la thématique                  dans sa pensée
Alexander Schweizer
Ferdinand Christian Baur
la doctrine de la prédestination
se trouve dans le troisième livre de l'                      
presque à la toute fin de ce                                  livre
dans les chapitres 21 à 24
mais ce n'est pas non plus un thème                 
la foi est un        de Dieu
non une décision                méritoire
si la foi dépend de Dieu, de l'Esprit Saint qui l'a fait                         
pourquoi certains               , et d'autres non
la réponse à cette question conduit à la doctrine de l'élection et de la prédestination
le point de départ est                       
on constate qu'il y a des gens qui croient, d'autres, non
nous ne savons pas                                    ces groupes
la doctrine de              prédestination
l'idée que Dieu élit certains et                                et rejette d'autres
le titre du chapitre 21 de l'Institution, dans le troisième livre
"De l'élection éternelle, par laquelle Dieu en a prédestiné les uns à salut, et les autres à                         ."
on voit tout de suite que cette doctrine risque de faire problème, si on part de la conviction que Dieu est           
cette doctrine fait de Dieu un           
Jérome Bolsec fut arrêté, puis                              de Genève en 1551 pour avoir nié la double prédestination
nombre de théologiens protestants contemporains de Calvin étaient mal à l'         avec son enseignement sur ce sujet
il préférait ne pas trop en dire sur le versant obscur de cette doctrine, à savoir sur la                                      ou la condamnation
ils se contentaient de parler de l'élection
Calvin s'             sur l'Ecriture
l'                                       aux Romains, chapitres 9 à 11
Romains 9:13, Paul cite l'Ancien Testament : "J'ai aimé Jacob, et j'ai haï Esaü."
Paul : "Qu'est-ce à dire? Y aurait-il de l'injustice en Dieu? Certes, non. Mais Dieu fait miséricorde à qui il veut, et il                  qui il veut."
ce n'est pas une invention de Calvin, mais une doctrine, qu'on trouve chez de nombreux théologiens, dont Augustin, dont Thomas d'Aquin au Moyen-Âge, avec des nuances et des différences
dans les premières versions de l'Institution
Calvin parle de l'élection de Dieu, mais relativement peu de la réprobation
il parle de l'élection en lien avec la                      de Dieu
ce n'est que dans la toute dernière édition de l'Institution, en 1559
le thème de la prédestination était à la fin de ce troisième livre
avant, la Providence et l'élection étaient traitées                 , dans le premier livre
les luthériens comme Melanchthon, le plus proche collaborateur de Luther, rejettent souvent ce qu'il considère comme des spéculations au sujet de la prédestination
Calvin répond ceci, en 1541
"l'Écriture est l'école du Saint-Esprit, en laquelle, comme il n'y a rien omis qui fut salutaire et utile à connaître, ainsi, il n'y a rien d'enseigner qui ne soit expédiant de savoir: Il nous faut donc garder d'                               les fidèles d'acquérir ce qui est contenu en l'Écriture de la prédestination, afin qu'il ne semble que nous les veuillons frauder du bien que Dieu leur a communiqué, ou que nous veuillons arguer le Saint-Esprit, contredire le Saint-Esprit, comme s'il avait publié les choses qu'il était bon de supprimer. Nous appelons Prédestination le conseil éternel de Dieu par lequel il a déterminé ce qu'il voulait faire d'un chacun homme. Car il ne créé pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à vie éternelle, les autres à éternelle damnation. Ainsi, selon la fin à laquelle est créé l'homme, nous disons qu'il est prédestiné à mort ou à vie."
Calvin est tout à fait conscient du                qui s'empare de beaucoup, à l'écoute d'un tel message
il écrit ceci, en 1541 : "Beaucoup demandent à quel propos Dieu se                    contre ses créatures, lesquelles ne l'ont provoqué par aucune offense. Car de perdre et ruiner ceux que bon lui semble, c'est chose plus convenable à la cruauté d'un Tyran qu'à la droiture du Juge. Ainsi il leur semble que les hommes ont bonne cause de se plaindre de Dieu, si par son pur vouloir, sans leur propre mérite, ils sont prédestinés à la mort éternelle."
la réponse de Calvin aux rejets de c'était la suivante : "Nul ne peut mettre en question ce que Dieu a           . Nul ne peut expliquer ce que Dieu veut, en remontant à quelque chose de supérieur à la volonté de Dieu."
nous retrouvons ici le thème de la puissance               
Calvin: "Car la volonté de Dieu est tellement la règle suprême et souveraine de justice, que tout ce qu'il veut, il le faut tenir pour juste, d'autant qu'il le         ."
dans toute son oeuvre, Calvin en appelle au conseil secret, un                    de Dieu, qui nous est parfaitement inaccessible, qui nous transcende complètement
l'expression de conseil             
Dieu seul sait qui est élu et                                             
les humains ne vont pas commencer à distinguer, à pouvoir dire, à, de manière ultime qui fait partie de quel         
aucun être humain ne peut dire, in fine, qui est élu ou réprouvé, même si les croyants peuvent avoir une confiance                                        en la miséricorde de Dieu, qui les a élus
Calvin : "Dieu seul a ce privilège de connaître son Eglise"
cette expression de conseil secret a aussi des aspects                               
aujourd'hui il y a beaucoup qui ont pris leur distance de cette doctrine de diverses                               
l'affirmation que Dieu destine une partie de l'humanité à des              éternelles, contredit la confession de Dieu comme amour
la doctrine calvinienne de la double prédestination est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle
pour Calvin elle est à la fois un décret                      et une doctrine "non seulement utile, mais aussi douce et savoureuse au fruit qui en revient."
tous méritaient la                                      divine
de la grande universelle masse de perdition, Dieu a élu certains
il y une dimension pastorale dans les sermons de Calvin, où il                  ces choses-là, différemment qu'il ne le fait dans l'Institution de la religion chrétienne
quand il mentionne la réprobation dans ses sermons, c'est pour rappeler les élus à la reconnaissance              Dieu
mais cela ne règle pas tout à fait le problème d'une décision originelle, avant la création, qui détermine que la plupart des êtres humains seront condamnés à une mort éternelle, avant même que ces êtres humains n'aient                       
"Les élus ne sont qu'une                              de gens, voire contemptibles, mélés parmi grande multitude, et sont cachés comme un peu de grain sous un grand amas de paille sur l'aire."
réponses à Calvin
un bon nombre de théologiens catholiques romains du XVIème vont sans cesse citer 1 Timothée 2:4, un verset du Nouveau Testament: "Dieu veut que tous les êtres humains soient                           ."
Calvin renvoie à un autre verset, de 2 Timothée 2:19, "Dieu connaît les           ."
alors Dieu a décidé qui serait élu, qui serait                               
"Nous n'obtenons point le           , que par la pure libéralité de Dieu."

Flashcards:

faith is a gift from God
la foi est un don de Dieu
who gave birth to it
qui l'a fait naître
leads to the doctrine
conduit à la doctrine
we don't know how to separate these groups
nous ne savons pas départager ces groupes
for having denied
pour avoir nié
were uncomfortable
étaient mal à l'aise
to not say to much about about the dark side of this doctrine
ne pas trop en dire sur le versant obscur de cette doctrine
They were content to talk about
Ils se contentaient de parler
relies on scripture
s'appuie sur l'Ecriture
I hated
j'ai haï
who expresses himself
qui s'exprime
God gives mercy to whomever he wants
Dieu fait miséricorde à qui il veut
he hardens who he wants
il endurcit qui il veut
verses
des versets
in connection with
en lien avec
does not change that of 1539
ne modifie guère celle de 1539
We must therefore keep the faithful
Il nous faut donc garder d'empécher les fidèles
by which
par lequel
according tot he end to which man is created
selon la fin à laquelle est créé l'homme
that grips many
qui s'empare de beaucoup
is angry with his creatures
se courrouce contre ses créatures
For to lose and ruin those whom he sees fit
Car de perdre et ruiner ceux que bon lui semble
more suitable to the cruelty of a tyrant
plus convenable à la cruauté d'un Tyran
the righteousness of the judge
la droiture du Juge
So it seems to them that
Ainsi il leur semble que
good cause to complain about God
bonne cause de se plaindre de Dieu
if by his own will
si par son pur vouloir
come from carnal men
viennent des hommes charnels
sometimes
quelquefois
in the understanding of the faithful
en l'entendement des fidèles
going back to something
en remontant à quelque
that is overlooked
qui surplomberait
which would be beyond the will of God
qui serait au-delà de la volonté de Dieu
it must be held for just
il le faut tenir pour juste
as much as he wants
d'autant qu'il le veut
If we disregard
Si on passe outre
what cannot be found
ce qui ne se peut trouver
What is his relationship to the biblical testimony
Quel est son rapport au témoignage biblique
very tenuous
très ténu
ultimately
in fine
unshakable confidence in God's mercy
confiance inébranlable en la miséricorde de Dieu
who hold true to the doctrine
qui tiennent mordicus à la doctrine
to eternal punishment
à des peines éternelles
contradicts
contredit
these are his words
ce sont ses mots
did not have to elect anyone
n'était pas obligé d'élire qui que ce soit
mass destruction
masse de perdition
in gratitude to God
à la reconnaissance envers Dieu
even before these human beings have lived
avant même que ces êtres humains n'aient vécu
are just a handful of people
ne sont qu'une poignée de gens
mixed among the great multitude
mélés parmi grande multitude
under a large pile of straw
sous un grand amas de paille
which not only targets the elected
qui vise non seulement les élus
Calvin refers to another verse
Calvin renvoie à un autre verset
his salvation
son salut
mercy
miséricorde
prayer
prière

Ideas and Concepts:

Une bonne idée via mon cours ce matin Calvin - Histoire et réception d'une Réforme: "Le concept de double prédestination est probablement le thème théologique qui a nécessité la plus radicale révision, une révision qui doit continuer sans cesse, encore aujourd'hui, si nous voulons penser l'Évangile comme une Bonne Nouvelle, non seulement pour quelques-uns, mais pour toute l'humanité."

Enhanced Transcription:

Pour beaucoup, Calvin est principalement le théologien de la prédestination et de la double prédestination.

Qui dit Calvin, dit prédestination. Est-ce légitime?

Il me semble que non. Plusieurs théologiens du XIXème siècle, les Allemands Alexander Schweizer, Ferdinand Christian Baur, ont contribué à cette idée selon laquelle Calvin est avant tout le théologien de la prédestination.

Ce serait la thématique centrale dans sa pensée.

Pour d'autres, la doctrine de la prédestination n'est qu'un détail de sa pensée, sans importance majeure.

Là encore, je ne suis pas convaincu.

La doctrine de la prédestination se trouve, en effet, dans le troisième livre de l'Institution, et pas au début de ce troisième livre, mais tout à la fin, ou presque à la toute fin, chapitres 21 à 24.

Donc, on pourrait penser que ça n'est pas la doctrine centrale, et je pense qu'en effet, ça n'est pas la doctrine centrale, mais de là à dire que ce n'est qu'un détail de sa pensée, il suffit de voir à quel point ça traverse le reste de l'oeuvre de l'Institution de la religion chrétienne, le reste de sa pensée, dans ses commentaires bibliques, et cetera, pour se rendre compte que ce n'est pas non plus un thème marginal.

La prédestination est une conséquence logique, nécessaire de l'idée selon laquelle la foi est un don de Dieu (faith is a gift from God), et non une décision humaine méritoire.

Si la foi dépend de Dieu, de l'Esprit Saint qui l'a fait naître (who gave birth to it), alors pourquoi certains croient, et d'autres, non?

La réponse à cette question conduit à la doctrine (leads to the doctrine) de l'élection et de la prédestination.

Le point de départ, on le voit, donc, est pragmatique ou pratique.

On constate qu'il y a des gens qui croient, d'autres, non.

Il faut tout de suite ajouter, nous ne savons pas départager ces groupes (we don't know how to separate these groups).

Nous ne le pouvons pas. Qu'est-ce que cette double prédestination?

C'est l'idée que Dieu élit certains et réprouve ou rejette d'autres.

Voici le titre du chapitre 21 de l'Institution, dans le troisième livre.

"De l'élection éternelle, par laquelle Dieu en a prédestiné les uns à salut, et les autres à condamnation."

On voit tout de suite que cette doctrine risque de faire problème, si on part de la conviction que Dieu est amour.

Déjà, au XVIème, plusieurs se demandent si cette doctrine ne fait pas de Dieu un tyran.

Jérome Bolsec fut arrêté, puis expulsé de Genève en 1551 pour avoir nié (for having denied) la double prédestination.

Nombre de théologiens protestants contemporains de Calvin étaient mal à l'aise (were uncomfortable) avec son enseignement sur ce sujet.

Il préférait ne pas trop en dire sur le versant obscur de cette doctrine (to not say to much about about the dark side of this doctrine), à savoir sur la (to know about the?) réprobation ou la condamnation.

Ils se contentaient de parler (They were content to talk about) de l'élection.

Ce thème peut, en effet, faire froid dans le dos.

Il peut donner envie de cliquer sur le bouton pause, ou même, de simplement de fermer cette petite fenêtre de votre écran.

Mais avant de le faire, cherchons peut-être à comprendre ce que Calvin veut dire.

Calvin s'appuie sur l'Ecriture (relies on scripture), qu'il interprète.

Il s'intéresse, notamment, à l'épître aux Romains, chapitres 9 à 11.

Dans le chapitre 9, Paul cite l'Ancien Testament : "J'ai aimé Jacob, et j'ai haï (I hated) Esaü."

C'est Dieu qui s'exprime (who expresses himself).

Avant d'ajouter; c'est Paul qui s'exprime : "Qu'est-ce à dire? Y aurait-il de l'injustice en Dieu (Is there injustice in God)?"

Déjà, Paul se pose cette question.

"Certes, non," répond Paul.

"Mais Dieu fait miséricorde à qui il veut (God gives mercy to whomever he wants), et il endurcit qui il veut (he hardens who he wants)." C'est Romains 9:18.

Ce sont des versets (verses) comme ceux-ci qui conduisent Calvin à développer sa doctrine de la prédestination, qui n'est en rien une invention de Calvin, mais une doctrine, un enseignement, qu'on trouve chez de nombreux théologiens, dont Augustin, dont Thomas d'Aquin au Moyen-Âge; chaque fois, avec des nuances, bien sûr, et des différences.

Dans les premières versions de l'Institution, Calvin parle de l'élection de Dieu, mais relativement peu de la réprobation; et il parle de l'élection en lien avec (in connection with) la Providence de Dieu, et il les couple ensemble.

Ce n'est que dans la toute dernière édition de l'Institution, en 1559, que Calvin situe l'enseignement, au sujet de la Providence, dans le premier livre, et le thème de la prédestination dans le troisième livre, et à la fin de ce troisième livre.

Avant, la Providence et l'élection étaient traitées ensemble, dans le premier livre.

Mais, au niveau du contenu, la version définitive de 1559 ne modifie guère celle de 1539 (does not change that of 1539), comme Peter Barth et d'autres l'ont montré.

Les luthériens comme Melanchthon, le plus proche collaborateur de Luther, rejettent souvent ce qu'il considère comme des spéculations au sujet de la prédestination.

Donc, il y a vraiment une différence entre luthériens et réformés sur ce thème.

Et Calvin répond ceci, en 1541, déjà.

"l'Écriture est l'école du Saint-Esprit, en laquelle, comme il n'y a rien omis qui fut salutaire et utile à connaître, ainsi, il n'y a rien d'enseigner qui ne soit expédiant de savoir.

Il nous faut donc garder d'empécher les fidèles (We must therefore keep the faithful) d'acquérir ce qui est contenu en l'Écriture de la prédestination, afin qu'il ne semble que nous les veuillons frauder du bien que Dieu leur a communiqué, ou que nous veuillons arguer le Saint-Esprit, contredire le Saint-Esprit, comme s'il avait publié les choses qu'il était bon de supprimer.

"Nous appelons Prédestination le conseil éternel de Dieu par lequel (by which) il a déterminé ce qu'il voulait faire d'un chacun homme.

Car il ne créé pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à vie éternelle, les autres à éternelle damnation.

Ainsi, selon la fin à laquelle est créé l'homme (according tot he end to which man is created), nous disons qu'il est prédestiné à mort ou à vie."

Calvin est tout à fait conscient du trouble qui s'empare de beaucoup (that grips many), à l'écoute d'un tel message.

Il écrit ceci, en 1541 : "Beaucoup demandent à quel propos Dieu se courrouce contre ses créatures (is angry with his creatures), lesquelles ne l'ont provoqué par aucune offense.

Car de perdre et ruiner ceux que bon lui semble (For to lose and ruin those whom he sees fit), c'est chose plus convenable à la cruauté d'un Tyran (more suitable to the cruelty of a tyrant) qu'à la droiture du Juge (the righteousness of the judge).

Ainsi il leur semble que (So it seems to them that) les hommes ont bonne cause de se plaindre de Dieu (good cause to complain about God), si par son pur vouloir (if by his own will), sans leur propre mérite, ils sont prédestinés à la mort éternelle."

La réponse de Calvin à ces accusations, qui viennent des hommes charnels (come from carnal men), comme il les appelle, mais qui peuvent aussi venir, quelquefois (sometimes), en l'entendement des fidèles (in the understanding of the faithful), il l'admet.

La réponse de Calvin est la suivante : "Nul ne peut mettre en question ce que Dieu a voulu. Nul ne peut expliquer ce que Dieu veut, en remontant à quelque (going back to something) chose de supérieur à la volonté de Dieu."

Nous retrouvons, ici, le thème de la puissance absolue.

Il n'y a pas de puissance absolue qui surplomberait (that is overlooked), qui serait au-delà de la volonté de Dieu (which would be beyond the will of God).

Ecoutez Calvin: "Car la volonté de Dieu est tellement la règle suprême et souveraine de justice, que tout ce qu'il veut, il le faut tenir pour juste (it must be held for just), d'autant qu'il le veut (as much as he wants)."

La volonté de Dieu cause des choses, mais elle n'est pas causée par quelque chose qui surplomberait (which would overhang?), en quelque sorte, Dieu et sa volonté.

"Pourtant quand on demande," écrit-il, "pourquoi est-ce que Dieu a fait ainsi? Il faut répondre : parce qu'il l'a voulu.

Si on passe outre (If we disregard), en demandant, pourquoi l'a-t-il voulu?

C'est demander une chose plus grande et plus haute que la volonté de Dieu; ce qui ne se peut trouver (what cannot be found)."

Dans toute son oeuvre, Calvin en appelle au conseil secret, concilium de Dieu qui nous est parfaitement inaccessible, qui nous transcende complètement.

Or, d'où vient cette expression de conseil secret?

Vient-elle des Écritures?

Quel est son rapport au témoignage biblique (What is his relationship to the biblical testimony)?

Ce lien paraît très ténu (very tenuous), comme l'a bien vu Wilhelm Neuser, un expert, un spécialiste de Calvin.

Cette expression a ceci de positif que Dieu seul sait qui est élu et réprouvé.

Les humains ne vont pas commencer à distinguer, à pouvoir dire, à, de manière ultime qui fait partie de quel camp, si on peut dire.

Aucun être humain ne peut dire, in fine (ultimately), qui est élu ou réprouvé, même si les croyants peuvent avoir une confiance inébranlable en la miséricorde de Dieu (unshakable confidence in God's mercy), qui les a élus.

"Dieu seul a ce privilège de connaître son Eglise," écrit Calvin.

Mais cette expression de conseil secret a aussi des aspects négatifs.

Et aujourd'hui, vous trouverez des réformés qui tiennent mordicus à la doctrine (who hold true to the doctrine) de Calvin, et beaucoup d'autres, dont je fais partie, qui ont pris leur distance, de diverses manières.

Pour eux, l'affirmation que Dieu destine une partie de l'humanité à des peines éternelles (to eternal punishment), contredit (contradicts) la confession de Dieu comme amour.

La doctrine calvinienne de la double prédestination est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle?

Au XVIème siècle, dans l'esprit de Calvin, elle représente une bonne nouvelle, même s'il voit bien que la réprobation divine est un décret horrifiant; ce sont ses mots (these are his words) : "Decretum horribile."

Elle est à la fois un décret horrifiant, pour Calvin, et une doctrine, je le cite, "non seulement utile, mais aussi douce et savoureuse au fruit qui en revient."

Dieu n'était pas obligé d'élire qui que ce soit (did not have to elect anyone).

Tous méritaient la réprobation divine.

C'est là, l'aspect de la, de la bonne nouvelle, si on peut le voir.

Or, il a décidé, Dieu, dans sa bienveillance, de choisir un peuple : Israël, tout d'abord, mais aussi la communauté de celles et ceux qui confessent Jésus comme le Christ.

De la grande universelle masse de perdition (mass destruction), Dieu a élu certains.

Voilà la bonne nouvelle, selon Calvin, qu'il annonce particulièrement bien dans ses sermons, où il se concentre sur l'élection et non sur la réprobation.

Il y une dimension pastorale dans les sermons de Calvin, où il enseigne ces choses-là, différemment qu'il ne le fait dans l'Institution de la religion chrétienne.

Quand il mentionne la réprobation dans ses sermons, c'est pour rappeler les élus à la reconnaissance envers Dieu (in gratitude to God).

Oui, OK, mais cela ne règle pas tout à fait le problème d'une décision originelle, avant la création, qui détermine que la plupart des êtres humains seront condamnés à une mort éternelle, avant même que ces êtres humains n'aient vécu (even before these human beings have lived).

"Les élus," je cite Calvin, "ne sont qu'une poignée de gens (are just a handful of people), voire contemptibles, mélés parmi grande multitude (mixed among the great multitude), et sont cachés comme un peu de grain sous un grand amas de paille (under a large pile of straw) sur l'aire."

Calvin va plus loin qu'Augustin, pour qui Dieu élit, retirant les élus de la masse de perdition.

Pour Calvin, il y a un décret divin qui vise non seulement les élus (which not only targets the elected), mais aussi les réprouvés.

Face à Calvin, bon nombre de théologiens catholiques romains du XVIème, et pas seulement du XVIème, vont sans cesse citer 1 Timothée 2:4, un verset du Nouveau Testament: "Dieu veut que tous les êtres humains soient sauvés."

Calvin renvoie à un autre verset (Calvin refers to another verse), de 2 Timothée 2:19, une reprise (a cover?) du livre des Nombres, dans l'Ancien Testament: "Dieu connaît les siens."

Dieu, dans son décret éternel, a décidé qui serait élu, qui serait condamné.

En quoi cette doctrine est-elle utile (how is this doctrine useful?), douce et savoureuse, pour Calvin?

En ce qu'elle rappelle que personne n'est à l'origine de son salut (his salvation), que le salut dépend entièrement de la miséricorde (mercy), de la bonté de Dieu.

"Nous n'obtenons point le salut," écrit Calvin, "que par la pure libéralité de Dieu."

La prière (prayer) du chrétien, pour Calvin, doit inclure non seulement les autres chrétiens, mais tous les hommes qui vivent sur terre, dont nous ne savons pas ce que notre Seigneur a déterminé de faire, mais seulement, nous devons désirer tout bien pour eux et en espérer pour le mieux.

"Mais alors, est-ce que les êtres humains seraient capables de davantage de générosité que Dieu?"

Telle est la question que pose Brian Gerrish, dans son magnifique ouvrage "Grace and Gratitude".

Au cours de la dernière semaine de ce cours, nous reviendrons sur ce thème, lorsque nous parlerons de Friedrich Schleiermacher et de Karl Barth, deux des plus grands théologiens réformés depuis la mort de Calvin.

Ces deux théologiens ont perçu le besoin de modifier en profondeur l'enseignement de Calvin sur ce thème.

C'est probablement le thème théologique qui a nécessité la plus radicale révision.

Une révision qui doit continuer sans cesse, encore aujourd'hui, si nous voulons penser l'Évangile comme une Bonne Nouvelle, non seulement pour quelques-uns, mais pour toute l'humanité.

Le concept de réforme
1536: La Réforme à Genève
Calvin est forcé de quitter la France
La premier séjour à Genève 1536-1538
L'étape strasbourgeoise 1538-1541
Construire la Réforme à Genève 1540-1555
L'affaire Servet 1553
La Réforme de Calvin et l'instruction
La Genève de Calvin 1555-1564
Calvin et la Bible
L'institution de la religion chrétienne
La connaissance de Dieu et de soi
La bonté du Père
Le Christ comme prêtre, roi et prophète
L'Esprit sanctificateur
Calvin est la prédestination
Le concept de la double prédestination de Calvin