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À la recherche du grand Paris
Choose from these words to fill the blanks below:
Grand, Haussmann, maximum, social, espace, revenir, Napoléon, coupait, rapprocher, définitive, entités, boum, étrangère, électriques, Denis, industrialisation, Algérie, gaullisme, dense, empêchent, moderniser, urbaine, rattraper, intercommunaux, 1860, Hauts, enserrée, Anglais, douane, accroît, première, respire, entouré, Marne, franchissez, chantier, ensemble, militaire, petite, douzaine, lâcher, fortification
comment a évolué Paris depuis de 19ème siècle
il faut                sur ce qui se passe au milieu du XIXe siècle
Paris est une
petite ville
très dense
                               dans une barrière
une barrière d'octroi
l'octroi, c'est une             
                 d'arrondissements
les premiers arrondissements centraux
au-delà de cette petite ville très dense, on va construire dans les années 1840 une                           
fortification dite de Thiers
les Fortifs
parce qu'on craint une invasion des               
depuis                                on craignait une invasion des Anglais
toute la croissance de la capitale, ça va être de                    cette enceinte fortifiée
1860
la date décisive dans la croissance de Paris
sous le Second Empire
sous le règne de Napoléon III
Paris est gouverné par le préfet de la Seine, qui s'appelle Eugène                   
il décide d'annexion des communes suburbaines autour de la capitale, pour donner à Paris sa taille                                   
le Paris de 2017 a à quelque chose près la taille qui lui a été donnée en         , au moment de l'annexion d'Haussmann
le XIXe siècle est la période où commence la grande vague d'                                   de Paris, région parisienne
Paris et sa proche banlieue ont été la                                région industrielle française
Paris a été une grande ville ouvrière, une grande ville avec un nombre d'actifs ouvriers absolument considérable, et ce jusqu'aux années 1960, 1970, fin des années 70
et entouré d'une banlieue ouvrière, elle aussi extrêmement           , extrêmement active, pas seulement à la Plaine Saint-Denis, Saint-Denis et Aubervilliers
il ne faut pas oublier que les communes chic de l'Ouest résidentiel aujourd'hui, Suresnes [sur-ENN], Puteaux, etc., étaient des communes d'industries automobiles, d'industries                                     , d'industries aéronautiques
pendant la Première Guerre mondiale, on se rend compte que les fortifications ne servent plus à rien d'un point de vue                   
puisqu'elles n'                               en rien les bombardements de la capitale
après la guerre, l'armée qui possédait les terrains, et qui régentait cet espace, accepte de                          le morceau, et en 1919, il y a une loi qui permet, qui anticipe sur l'arasement des fortifications, c'est-à-dire qu'on va détruire ce qu'on a construit en 1840, et l'armée accepte de laisser, de donner les terrains à la ville de Paris
c'est une grande révolution aussi dans la configuration               
on va détruire les fortifications, c'est un énorme                 
on met 20 ans à détruire les fortifications
les faubourgs, c'est-à-dire les limites de Paris, vont se trouver non plus séparés de Paris par un mur, mais dans un              immédiatement accessible
il y a des débats sans fin, on va faire des stades, on va faire des parcs, parce que Paris ne                pas, on va faire du logement social
on va faire ce qu'on appelle à l'époque des HBM, habitations à bon marché
dans les années 30, on construit une ceinture de logements sociaux autour de la capitale, que vous voyez encore quand vous vous promenez sur les boulevards dits des Maréchaux, qui étaient l'enceinte circulaire à l'intérieur des fortifications
ces logements de brique, belle architecture très solide, ce sont les débuts du logement              dans la capitale
sur la trace de ce mur qui vraiment                Paris de sa banlieue, on a édifié ce que certains urbanistes disent être un autre mur, une autre forme de barrière, parce que vous ne franchissez pas le Périphérique comme ça
vous ne le                        pas à pied, ni à cheval, ni en voiture
donc, la barrière très ancienne a perduré, ce qui explique sans doute certaines des coupures encore existantes entre Paris et la banlieue
les évolutions démographiques
pendant la première moitié du XIX siècle
il y a un          incroyable
passe de 500 000 habitants à plus d'un milliion d'habitants
l'immigration provinciale
pratiquement pas                                                à cette époque
mais le migrant, en 1840, 50, c'est le Creusois qui vient de sa province pour construire les travaux haussmanniens
jusqu'à la fin du XIXe siècle, la croissance va être pris par la banlieue
Paris atteint un plafond
c'est toujours aux alentours de 2 millions
la ville ne change pas, parce que la ville est hyper dense
dans l'entre-deux guerres, la France ne s'                           pas
la seule région qui voit sa population s'accroître, c'est la Seine et la Seine-et-Oise
mais Paris reste à son               
le fameux baby boom reprend extrêmement vite, et la croissance de la banlieue
dans l'entre-deux-guerres et jusqu'aux années 60
il y a un organe élu qui est le Conseil général de la Seine, qui gère Paris et sa banlieue en même temps, chose qu'on cherche à reconstituer aujourd'hui, mais qui a existé
Paris, la ville est entourée par un département circulaire qui est le département de la Seine, lui-même                              par un autre département circulaire, qu'on appelle la Seine-et-Oise
tout ça a été créé par la Révolution, par la Constituante
il a créé trois                              et la Seine
Paris et les 80 communes de la Seine
comme tous les départements français, sous la Troisième et la Quatrième République, il a un conseil élu au suffrage universel
masculin puis féminin à partir de 44
qu'on appelle le Conseil général de la Seine, avec des élus parisiens, des élus banlieusards
il ont eu l'intelligence, les maires, les élus, l'intelligence de se mettre ensemble pour créer des syndicats                              du gaz, de l'électricité, des pompes funèbres, de l'eau
il gère cet ensemble du département de la Seine, Paris, banlieue
en 1964, on est en plein                    triomphant
le général de Gaulle s'est débarrassé du boulet de l'                            
la France est en pleine expansion économique
on construit les villes nouvelles
le Général de Gaulle a construit la ville nouvelle
on réforme la région parisienne
pour la                     
pour                      les services préfectoraux des habitants
Paris devient à la fois ville et département
les autres départements
92 =           -de-Seine
93 = Seine-Saint-          
94 = Val-de-          
mais dans cette nouvelle configuration institutionnelle, il n'y a plus d'organes politiques ou administratifs pour gérer                  Paris et la banlieue
c'est la grande rupture des années 60
on n'a pas remplacé le conseil général de la Seine
la capitale était une              capitale très dense renfermée dans son périphérique
elle n'avait aucun rapport avec les communes de banlieue
en 2001, Mansat, épaulé par Delanoë, soutenu par Delanoë, a lancé le débat de la question du            Paris
on a une loi qui crée un grand Paris qui est une espèce de bazar administratif avec une assemblée de 230 élus
le Grand Paris est en train de se faire depuis 20 ou 30 ans

People:

######################### (1809-1891)
Il a dirigé les transformations de Paris sous le Second Empire
  • il souhaitait instaurer une politique facilitant l'écoulement des flux, aussi bien de population, de marchandises que d’air et d’eau, convaincu par les théories hygiénistes héritées des Lumières et qui se sont diffusées à la suite de l’épidémie de choléra de 1832
  • cette campagne fut intitulée Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie
  • un autre objectif était de prévenir d'éventuels soulèvements populaires, fréquents à Paris : après la Révolution de 1789
  • a l'obsession de la ligne droite, ce que l'on a appelé le culte de l'axe au xixe siècle
  • pour cela, il est prêt à amputer des espaces comme le jardin du Luxembourg mais aussi à démolir certains bâtiments comme le marché des Innocents ou l'église Saint-Benoît-le-Bétourné
  • il aménage un certain nombre de parcs et jardins : ainsi sont créés un square pour chacun des quatre-vingt quartiers de Paris, ainsi que le parc Montsouris et le parc des Buttes-Chaumont
  • des règlements imposent des normes très strictes quant au gabarit et à l'ordonnancement des maisons, les immeubles se ressemblent tous, c'est l'esthétique du rationnel
  • il fait aussi construire ou reconstruire des ponts sur la Seine ainsi que de nouvelles églises, comme Saint-Augustin ou la Trinité
  • il décide d'étendre la ville de Paris jusqu'aux fortifications de l'enceinte de Thiers, onze communes limitrophes de Paris sont totalement supprimées et leurs territoires absorbés par la ville entièrement: Belleville, Grenelle, Vaugirard, La Villette, Auteuil, Passy, Batignolles-Monceau, Bercy, La Chapelle, Charonne et Montmartre

Flashcards:

we have to go back to what is happening
il faut revenir sur ce qui se passe
enclosed in a barrier
enserrée dans une barrière
Beyond this small town
Au-delà de cette petite ville
something extremely important
quelque chose d'extrêmement important
a large industrial city
une grande ville ouvrière
we always thinkg of
on songe toujours à
we realize that
on se rend compte que
since they do not prevent the bombing of the capital
puisqu'elles n'empêchent en rien les bombardements de la capitale
who ruled this space
qui régentait cet espace
agrees to let go of the piece
accepte de lâcher le morceau
the leveling of the fortifications
l'arasement des fortifications
it's a huge building site
c'est un énorme chantier
/It takes 20 years to destroy
On met 20 ans à détruire
what we call the suburbs
ce que vous appelez les faubourgs
what are we going to do with it
qu'est-ce qu'on va en faire
we reach a compromise
on aboutit à un compromis
the circular enclosure
l'enceinte circulaire
the space left
sur l'espace laissé
continued
a perduré
cuts
des coupures
a kind of mushroom town
une espèce de ville champignon
the deaths
les décès
around 2 million
aux alentours de 2 millions
growing
s'accroître
sit side by side
siègent côte à côte
to get together to create
se mettre ensemble pour créer
supposedly
soit disant
to bring services closer
pour rapprocher les services
that you know as well as me
que vous connaissez aussi bien que moi
who told each other
qui se disaient
enclosed
renfermée
supported by
épaulé par
a failure
un échec
It is in the making
Il est en train de se faire
it does not bother them at all
ça ne les gêne absolument pas
have not followed
n'ont pas suivi
is not decided
n'est pas tranchée

Ideas and Concepts:

Le mur de facto de Paris, via mon cours ce soir sur Grand Paris:

"Après la Première Guerre mondiale guerre, l'armée qui possédait les terrains, et qui régentait cet espace, accepte de lâcher le morceau, et en 1919, il y a une loi qui permet, qui anticipe sur l'arasement des fortifications, c'est-à-dire qu'on va détruire ce qu'on a construit en 1840, et l'armée accepte de laisser, de donner les terrains à la ville de Paris.

Dans les années 30, on construit une ceinture de logements sociaux autour de la capitale, que vous voyez encore quand vous vous promenez sur les boulevards dits des Maréchaux, qui étaient l'enceinte circulaire à l'intérieur des fortifications. Ces logements de brique, belle architecture très solide, ce sont les débuts du logement social dans la capitale.

Sur la trace de ce mur qui vraiment coupait Paris de sa banlieue, on a édifié ce que certains urbanistes disent être un autre mur, une autre forme de barrière, parce que vous ne franchissez pas le Périphérique comme ça. Vous ne le franchissez pas à pied, ni à cheval, ni en voiture. Donc, la barrière très ancienne a perduré, ce qui explique sans doute certaines des coupures encore existantes entre Paris et la banlieue."

Enhanced Transcription:

Pour comprendre le Paris d'aujourd'hui, le Paris contemporain, il faut revenir sur ce qui se passe (we have to go back to what is happening) au milieu du XIXe siècle.

Au milieu du XIXe siècle, Paris est une petite ville très dense, enserrée dans une barrière (enclosed in a barrier), qui est une barrière d'octroi (a grant barrier?).

L'octroi, c'est une douane, c'est-à-dire que quand les paysans, les marchands rentrent dans Paris, ils payent une douane, qu'on appelle l'octroi, qui est une ressource importante de la ville.

Cette petite ville très dense est limitée à, en gros, une dizaine, douzaine d'arrondissements, les premiers arrondissements centraux.

Au-delà de cette petite ville (Beyond this small town) très dense, on va construire dans les années 1840 une fortification, la fortification dite de Thiers, qu'on va appeler dans le vocabulaire parisien, les Fortifs.

Tout ça, parce qu'on craint une invasion des Anglais.

Ça paraît étrange, mais depuis Napoléon, on craignait une invasion des Anglais.

Et ensuite, toute la croissance de la capitale, ça va être de rattraper (it's going to be catchingn up with) cette enceinte fortifiée (walled enclosure).

Et la date décisive dans la croissance de Paris, c'est 1860.

1860, on est sous le Second Empire, sous le règne de Napoléon III, et Paris est gouverné par le préfet de la Seine, qui s'appelle Eugène Haussmann.

Et Haussmann décide quelque chose d'extrêmement important (something extremely important), qui est l'annexion des communes suburbaines, c'est-à-dire autour de la capitale, pour donner à Paris sa taille définitive.

Le Paris d'aujourd'hui, 2017, il a à quelque chose près, la taille qui lui a été donnée en 1860, au moment de l'annexion d'Haussmann.

Le deuxième facteur important, pour comprendre même encore le Paris d'aujourd'hui, c'est que ce milieu du XIXe siècle est la période où commence la grande vague d'industrialisation de Paris, région parisienne.

On oublie aujourd'hui, parce que les traces en ont pratiquement disparu, que Paris, alors, sa proche banlieue, on le sait généralement, mais Paris et sa proche banlieue ont été la première région industrielle française.

Paris a été une grande ville ouvrière (a large industrial city), une grande ville avec un nombre d'actifs ouvriers absolument considérable, et ce jusqu'aux années 1960, 1970, fin des années 70.

Et entouré d'une banlieue ouvrière, elle aussi extrêmement dense, extrêmement active, pas seulement, parce qu'on songe toujours à (we always thinkg of) la Plaine Saint-Denis, Saint-Denis, Aubervilliers, etc., pas seulement.

Il ne faut pas oublier que les communes chic de l'Ouest résidentiel aujourd'hui, Suresnes, Puteaux, etc., étaient des communes d'industries automobiles, d'industries électriques, d'industries aéronautiques.

Et donc, dans les années, pendant la Première Guerre mondiale, on se rend compte que (we realize that) les fortifications ne servent plus à rien d'un point de vue militaire, puisqu'elles n'empêchent en rien les bombardements de la capitale (since they do not prevent the bombing of the capital), donc après la guerre, l'armée qui possédait les terrains, et qui régentait cet espace (who ruled this space), accepte de lâcher le morceau (agrees to let go of the piece), et en 1919, il y a une loi qui permet, qui anticipe sur l'arasement des fortifications (the leveling of the fortifications), c'est-à-dire qu'on va détruire ce qu'on a construit en 1840, et l'armée accepte de laisser, de donner les terrains à la ville de Paris.

C'est une grande révolution aussi dans la configuration urbaine.

Donc, on va détruire les fortifications, c'est un énorme chantier (it's a huge building site).

Ça occupe toute la périphérie pendant tout l'entre-deux-guerres.

On met 20 ans à détruire (/It takes 20 years to destroy) les fortifications, et donc, ce que vous appelez les faubourgs (what we call the suburbs), c'est-à-dire les limites de Paris, vont se trouver non plus séparés de Paris par un mur, mais dans un espace immédiatement accessible.

Deuxième question majeure qui va se poser aux élus, aux urbanistes, aux architectes, aux gens qui commencent à s'intéresser aux plans de ville, etc., la destruction des fortifications libère un énorme terrain, dans un Paris très dense, où il y avait déjà très peu d'espace foncier (of land area).

Un énorme terrain annulaire, circulaire.

Donc, qu'est-ce qu'on va en faire (what are we going to do with it)?

Il y a des débats sans fin, on va faire des stades, on va faire des parcs, parce que Paris ne respire pas, on va faire du logement social.

On va faire ce qu'on appelle à l'époque des HBM, habitations à bon marché.

Finalement, comme souvent, on aboutit à un compromis (we reach a compromise).

Et donc, dans les années 30, on construit une ceinture de logements sociaux autour de la capitale, que vous voyez encore quand vous vous promenez sur les boulevards dits des Maréchaux, qui étaient l'enceinte circulaire (the circular enclosure) à l'intérieur des fortifications.

Ces logements de brique, belle architecture très solide, ce sont les débuts du logement social dans la capitale.

Et à partir des années 50, on va se lancer dans la construction du Périphérique, sur l'espace laissé (the space left), là encore, par les fortifications.

Le Périph, c'est une grosse entreprise qui dure 20 ans, des années 50, 53.

En 1973, il est inauguré par Pierre Messmer.

Et donc, sur la trace de ce mur qui vraiment coupait Paris de sa banlieue, on a édifié ce que certains urbanistes disent être un autre mur, une autre forme de barrière, parce que vous ne franchissez pas (you do not cross) le Périphérique comme ça.

Vous ne le franchissez pas à pied, ni à cheval, ni en voiture.

Donc, la barrière a perduré (continued).

La barrière très ancienne a perduré, ce qui explique sans doute certaines des coupures (cuts) encore existantes entre Paris et la banlieue.

Alors, l'évolution démographique de Paris.

Paris est une espèce de ville champignon (a kind of mushroom town), une ville du Tiers Monde, c'est Kinshasa ou Lomé pendant la première moitié du XIXe siècle.

Il y a un boum incroyable.

Paris passe de 500 000 habitants à plus d'un million d'habitants.

Cette croissance est due exclusivement aux migrations, à l'immigration provinciale.

Elle n'est pas due à l'excédent de naissances sur les décès (the deaths), parce que le taux, et puis, les conditions d'hygiène, le taux de natalité est fort, mais les enfants meurent en bas âge.

Donc, la croissance est due à l'immigration provinciale, pratiquement pas étrangère à cette époque.

Mais le migrant, en 1840, 50, c'est le Creusois qui vient de sa province pour construire les travaux haussmanniens.

Et cette croissance de Paris se poursuit jusqu'à la fin du XIXe siècle à peu près, date à laquelle le relai de la croissance va être pris par la banlieue.

Paris atteint un plafond, un palier (a step) dont il a peu bougé.

Paris, c'est toujours aux alentours de 2 millions (around 2 million), 2,1 millions, 2,2 millions, je ne sais plus le chiffre exact aujourd'hui.

C'est quelque chose autour de deux millions.

Et la ville ne change pas, parce que la ville est hyper dense.

Où voulez-vous construire dans Paris? C'est impossible.

Et donc, le relai de la croissance démographique, qui est liée à cette période à l'industrie, est pris par la banlieue.

La banlieue s'accroît extrêmement vite.

En plus, dans un France où dans l'entre-deux guerres, la France ne s'accroît pas, elle.

Il y a plus de décès que de naissances, à cause des conditions de la guerre 14, 18.

Donc, la seule région qui voit sa population s'accroître (growing), c'est la Seine et la Seine-et-Oise.

Mais Paris reste à son maximum.

Et ensuite, le baby boom, le fameux baby boom reprend extrêmement vite, et la croissance de la banlie ue reprend extrêmement vite aussi.

C'est que la question institutionnelle, dans l'entre-deux-guerres et jusqu'aux années 60, ne se pose pas, parce qu'il y a un organe élu qui est le Conseil général de la Seine, qui gère Paris et sa banlieue en même temps, chose qu'on cherche à reconstituer aujourd'hui, mais qui a existé.

Je fais un bref rappel (reminder).

Paris, la ville est entourée par un département circulaire qui est le département de la Seine, lui-même entouré par un autre département circulaire, qu'on appelle la Seine-et-Oise.

Tout ça a été créé par la Révolution, par la Constituante, qui a créé trois entités et la Seine, c'est Paris et les 80 communes de la Seine.

C'est le département de la Seine, et ce département de la Seine, comme tous les départements français, sous la Troisième et la Quatrième République, il a un conseil élu au suffrage universel, masculin puis féminin (masculin puis féminin?) à partir de 44, qu'on appelle le Conseil général de la Seine, avec des élus parisiens, des élus banlieusards.

Et ces gens-là siègent côte à côte (sit side by side) et gèrent ensemble un ensemble qui est Paris et les 80 communes autour de Paris.

Les communes très tôt, dès la fin du XIXe siècle, ont eu l'intelligence, enfin les maires, les élus, ont eu l'intelligence de se mettre ensemble pour créer (to get together to create) des syndicats intercommunaux du gaz, de l'électricité, des pompes funèbres (funeral parlor), de l'eau, de tout ce que vous voudrez.

Donc, il y a des formes d'intercommunalités gérées par des élus, élus au suffrage universel, et il y a un organisme qui s'appelle le Conseil général de la Seine, élu lui aussi au suffrage universel, donc parfaitement légitime, qui gère cet ensemble du département de la Seine, Paris, banlieue.

En 64, on est en plein gaullisme triomphant, je vous le rappelle.

Le général de Gaulle s'est débarrassé du boulet de l'Algérie (got rid of the bullet from Algeria?), donc la France est en pleine expansion économique.

On construit les villes nouvelles.

Delouvrier (Delouvrier?) a été chargé par le Général de Gaulle de construire la ville nouvelle, et on réforme la région parisienne pour la moderniser soit disant (supposedly), pour rapprocher les services (to bring services closer) préfectoraux des habitants, ça, c'est ce qui est objectivement annoncé, pour faire coller le nouveau découpage (to paste the new cutting?) avec la présence des villes nouvelles, et donc il y a un nouveau découpage départemental qui est celui que nous connaissons aujourd'hui.

Paris qui devient à la fois ville et département, les départements dits de la petite couronne que vous connaissez aussi bien que moi (that you know as well as me), le 92, 93, 94, etc., et les départements dits de la grande couronne parce qu'on découpe aussi et on fait aussi sauter (one also jumps?) la Seine-et-Oise.

Mais, dans cette nouvelle configuration institutionnelle, il n'y a plus d'organes politiques ou administratifs pour gérer ensemble Paris et la banlieue.

Cela, c'est la grande rupture des années 60.

On n'a pas remplacé le conseil général de la Seine.

Et il faut attendre la première mandature de Delanoë, c'est-à-dire 2001, pour qu'une question qui était pensée, il y avait quand même des architectes, des urbanistes, des planificateurs qui se disaient (who told each other), ce n'est quand même pas normal que la capitale de la France, dans le cadre de l'Europe, de la mondialisation, de la décentralisation, que la capitale soit une petite capitale très dense renfermée (enclosed) dans son périphérique, et qu'elle n'ait aucun rapport avec les communes de banlieue.

Mais c'était plutôt un débat technique, certainement pas un débat politique ni un débat entre guillemets populaire.

Et donc, le mérite de Delanoë, c'est d'avoir fait émerger ce débat sur le plan politique, ce qui est une forme d'euphémisation de, parce que tout le monde a très peur du retour de l'annexion, ce qui est une folie, mais enfin, c'est quand même ça.

Et donc Mansat, épaulé par (supported by) Delanoë, soutenu par Delanoë, va lancer le débat de la question du Grand Paris.

Il va y aller à petits pas, à mon avis trop petits pas d'ailleurs, il va y aller à petits pas, il va créer au début de la mandature de Delanoë, au début, un syndicat d'étude qui s'appelle le syndicat de Paris métropole.

Et là, on voit réapparaître le terme de métropole qui n'était pas dans le débat du tout.

Cela a été un magnifique exemple d'incapacité, de grosse difficulté de la France à se réformer, surtout en région parisienne où le feuilletage (lamination?) est très compliqué.

Donc, on a une loi qui crée un grand paris qui est une espèce de bazar administratif avec une assemblée de 300, 230 élus, qui n'a pas de pouvoir, qui privilégie une nouvelle chose qu'on appelle des territoires.

Je pense que sur le plan institutionnel, c'est un échec (a failure).

Mais en même temps, ça a lancé un débat, et en même temps, le Grand Paris des transports, du logement, de l'activité, il est en train de se faire.

Il est en train de se faire (It is in the making).

Je dirais, le Paris des forces économiques, les investisseurs, eux, il n'y a plus de terrain dans Paris, ça ne les gêne absolument pas (it does not bother them at all) d'aller construire au-delà du périphérique.

Donc économiquement, démographiquement, etc., le Grand Paris est en train de se faire, et il est en train de se faire depuis 20 ou 30 ans.

Simplement, les institutions n'ont pas suivi (have not followed).

Et je pense qu'il reviendra au prochain gouvernement de remettre le métier sur l'établi (to put the business back on the workbench?) parce que la question n'est pas tranchée (is not decided).

À la recherche du grand Paris